Girl in the Mirror [Cecelia Ahern]

Girl in the Mirror: Two Stories Hardcover by Cecelia Ahern

Cecelia Ahern est connue pour avoir écrit PS : I Love You, un best-seller adapté avec succès au cinéma. Auteure de talent, elle est réputée pour distiller des pointes de magie dans la plupart de ses romans, une particularité qui m’a toujours enchantée. Girl in the Mirror n’est pas un roman, mais une nouvelle. Toutefois, ce récit ne déroge pas à la règle et comporte une dose de magie en s’inspirant manifestement d’une certaine Alice dans Alice de l’autre côté du miroir de Lewis Carroll.

L’histoire : Lila s’apprête à vivre l’une des plus belles journées de sa vie en épousant l’homme de ses rêves. Alors qu’elle se prépare dans la maison d’Ellie, sa grand-mère aveugle qui l’a élevée à la mort de ses parents, Lila ne peut s’empêcher de pénétrer dans la pièce interdite où se trouvent des miroirs dissimulés sous des draps noirs. Depuis son enfance, elle a obéi à la règle imposée par Ellie — ne jamais dévoiler les miroirs. Pendant vingt-huit ans, Lila a scrupuleusement suivi cette consigne et ne s’est jamais regardée dans un quelconque miroir chez elle. Mais en ce matin de noces, elle enfreint l’ordre de sa grand-mère et dévoile un immense miroir tout en longueur. Admirant sa splendide robe blanche, Lila pense que son esprit lui joue des tours : son reflet ne bougerait pas tout à fait comme dans la réalité ! À l’image des mésaventures d’Alice, Lila se retrouve de l’autre côté du miroir, tirée de force par un reflet diabolique. Ce double maléfique prend sa place dans le monde réel, laissant Lila coincée derrière la glace froide et inflexible. Impuissante, elle regarde l’imposteur vivre la vie qui devrait être la sienne lorsque la doublure sans scrupule a l’audace de découvrir tous les miroirs installés dans la salle de réception. Parviendra-t-elle à s’échapper à temps pour reprendre sa place auprès de son fiancé ?

Ce que j’en ai pensé : Ce roman nous plonge dans une intrigue fantastique rappelant les contes de Grimm. Une force maléfique s’en prend au personnage principal et lui fait vivre une situation cauchemardesque. Grâce aux descriptions poussées de l’auteure, on se met rapidement à ressentir l’angoisse et l’impuissance de Lila. On frissonne avec le personnage d’Ellie qui est parfaitement consciente de la situation pour l’avoir elle-même vécue il y a bien longtemps de cela. Celle-ci s’efforce de faire entendre raison au fiancé. Compte tenu de la brièveté du texte (c’est une nouvelle), il n’y a aucun temps mort et le dénouement est rapidement dévoilé. Mais, je dois avouer qu’il laisse un goût doux-amer. L’impression d’être plongée dans une fable ou un conte de type « grimmesque » est confirmée avec une fin certes poétique, mais sombre.

Ma note : ♥ ♥

Coup de folie sur la City [Kelly Harte]

Coup de folie sur la City (Red Dress Ink t. 54) par [Harte, Kelly]

Parmi les capitales et grandes villes plébiscitées par les auteures de Chick Lit, Londres est sans aucun doute dans le Top 3 aux côtés de Paris et de New York. Au hasard d’une balade dans les rayons de la bibliothèque, je me suis retrouvée avec ce roman dans les mains, la couverture et le résumé ayant été rapidement convaincants.

L’histoire : Tao, originaire de Manchester, décide de rejoindre un quartier branché de Londres pour donner un second souffle à sa carrière de photographe gastronomique. Mais les choses ne se déroulent pas comme elle l’aurait souhaité. Sans emploi, elle continue de squatter le canapé de son amie Sophie dans un petit appartement partagé avec deux colocataires, des pestes snobinardes qui n’hésitent pas à exprimer ouvertement leur mépris pour Tao.

Sophie, qui travaille dans une banque, découvre une possibilité d’emploi pour Tao. L’un de ses collègues, Jérôme Audesley, l’informe que sa tante recherche une gardienne à domicile pour son perroquet, un African Grey du Congo. La vieille dame est riche et vit dans une immense demeure d’un quartier huppé. Dans le même temps, Tao décroche un contrat de photographe avec un chef culinaire vedette d’une émission télé. Il s’apprête à sortir un livre et cherche un photographe pour les illustrations. Tao pourra-t-elle respecter tous ses engagements et jongler avec ces deux emplois ? Les choses se compliquent avec, d’une part, le vol de tableaux d’une valeur inestimable à la suite d’une visite de Jérôme et, d’autre part, la personnalité de séducteur invétéré du chef culinaire. Tao parviendra-t-elle à récupérer les œuvres d’art avant le retour de la propriétaire ? Trouvera-t-elle enfin l’amour à Londres ?

Ce que j’en ai pensé : Cette histoire nous emporte avec aisance dans les aventures colorées de Tao. Entre ses mésaventures professionnelles et celles de ses relations amicales, Tao nous emmène dans les plus jolis quartiers de Londres pour une balade qui prend des allures d’intrigue policière avec le vol des tableaux. Avec l’aide de ses amis, Tao tente de les récupérer en toute discrétion, ce qui ne manque pas d’offrir des scènes cocasses et drôles. Les points forts de ce livre : le personnage de Tao et son évolution, tant personnelle que professionnelle. On la voit grandir et trouver sa place au fil de l’histoire malgré les déceptions et les désillusions, se recréant une nouvelle vie dans la ville dont elle rêvait. Les points faibles : j’ai moyennement apprécié les personnages secondaires assez clichés comme les deux colocataires snobinardes dont le seul but dans la vie est de trouver un riche mari afin de vivre une vie londonienne branchée et superficielle.

Somme toute, ce roman est agréable et sympathique puisqu’il ne m’a fallu que deux jours pour arriver au dénouement. Toutefois, il est relativement prévisible et ordinaire dans le sens où il ne m’a pas marquée l’esprit dans la même mesure que tous les autres livres lus au cours des mois de juillet et d’août.

Note : ♥ ♥

L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes [Karine Lambert]

Lors d’une récente visite à la Fnac, j’ai vu ce roman en tête de gondole et il ne restait plus qu’une poignée d’exemplaires. Un tel succès m’a forcément intriguée. Le livre n’est pas bien épais, mais le titre suscite la curiosité. Dans un monde où le couple est la norme, mais où le taux de séparation est plus élevé que jamais, on peut logiquement se demander si un tel livre n’offrirait pas quelques petites pépites en matière d’analyse sociale.

L’histoire : Dans un quartier de Paris, un immeuble est réputé pour ne compter que des résidentes : cinq femmes de différentes générations et d’horizons variés. Les hommes ont été bannis de leur cœur et de leur vie quotidienne. Ils sont tout simplement persona non grata (même le plombier doit être une femme pour avoir l’autorisation de franchir le seuil !) — une règle qui intrigue le voisinage et invite aux commérages. Juliette, une nouvelle locataire, vient porter un regard extérieur sur cette petite ruche dominée par une mystérieuse reine, la propriétaire de l’immeuble qui occupe le dernier étage. Quel mystère se cache derrière ce règlement ? Quelles sont les histoires personnelles de chacune des locataires ?

Ce que j’en ai pensé : Ce roman est à la fois grave et drôle, mêlant appel à l’espoir et désenchantement vis-à-vis de l’amour. Il propose un fin décryptage de l’âme féminine, entre peines de cœur, accidents de la vie et questions existentielles. Il apporte un nouvel éclairage sur un fait pourtant évident dans notre société depuis belle lurette : les relations homme-femme sont tout sauf simples et parfois, elles peuvent même briser des vies. Le manque de compréhension, les personnalités incompatibles, les faiblesses personnelles — la vie n’est pas un long fleuve tranquille et c’est à chacun d’en déterminer le cap en fonction des intempéries. Juliette se laissera-t-elle influencer par ses voisines ? Cette ruche peut-elle perdurer ?

Cette histoire est une jolie ode à la vie, à l’amour et à l’amitié. On peut analyser les différents parcours de vie des héroïnes, comprendre leurs choix parfois drastiques et ainsi procéder à sa propre introspection. Après tout, les romans sont une sorte de miroir de la vie réelle, un moyen de comprendre la vie selon un autre angle.

Certaines études affirment que la lecture de fictions renforce les capacités d’empathie des personnes. Toutefois, nul besoin d’être un scientifique confirmé, vous serez forcément ému(e) en tournant la dernière page.

Ma note : ♥ ♥ ♥

Tout est sous contrôle [Sophie Henrionnet]

J’ai découvert le mois dernier ce roman publié aux éditions Charleston dont j’aime beaucoup les choix de publication (le roman Les Fleurs sauvages de Kimberley Freeman est une véritable réussite, mais il fera l’objet d’un autre billet). Tout est sous contrôle — le tumultueux quotidien d’Olympe McQueen est une histoire chick-lit offrant une légère saveur à la « Alice Détective ».

L’histoire : Photographe culinaire, Olympe McQueen finit par perdre son emploi après une malencontreuse série d’événements hors de son contrôle. Mère célibataire, elle élève une jeune adolescente tellement mûre pour son âge qu’on en finit par se demander si les rôles mère-fille n’ont pas été échangés à un moment donné. Ajoutons à ces ennuis professionnels un ex-conjoint irritant qui menace de lui retirer la garde de sa fille si elle ne retrouve pas rapidement un emploi, on obtient une héroïne qui se retrouve dans une course contre la montre pour remettre sa vie sur les rails.

Olympe tente de sortir de cette mauvaise passe et supplie son meilleur ami, Hugo, de lui donner un travail au sein de son agence de détectives spécialisée dans les affaires de fraude à l’assurance. Pensant mener une vie à la James Bond, elle est rapidement déçue par le quotidien de détective caractérisé par d’interminables planques et un régime alimentaire peu recommandable. Gaffeuse dans l’âme, elle se retrouve tout de même dans des situations comiques — certaines se solderont par des résolutions inattendues d’affaires tandis que d’autres lui causeront des désagréments parfois coûteux. Olympe parviendra-t-elle à trouver un équilibre professionnel ? Succombera-t-elle aux charmes de son séduisant voisin policier ? Retrouvera-t-elle le contrôle de sa vie ?

Ce que j’en ai pensé : Ce roman est mené tambour battant du début jusqu’à la fin. Aussi désorganisée et immature que drôle et attachante, Olympe est une héroïne intéressante et complexe que je verrais bien évoluer dans le cadre d’une série de livres traitant de différentes affaires, le travail de détective s’y prêtant aisément. Les personnages secondaires sont bien étoffés, entre la mère caractérielle d’Olympe, l’ex-mari envahissant et le mystérieux Hugo.

La psychologie du personnage principal est relativement bien abordée même si j’ai parfois trouvé que certains traits étaient un tantinet trop clichés. Cela dit, on peut facilement s’identifier à Olympe et s’imaginer dans les différentes situations qu’elle subit ou déclenche d’elle-même. C’est léger, frais et divertissant. Une lecture idéale pour s’évader cet été. Un contrat bien rempli.

En espérant découvrir Olympe dans d’autres aventures.

Ma note : ♥ ♥ ♥

Love from Paris [Alexandra Potter]

Comme souvent avec les livres « rom-com » (comédie romantique), la couverture joue un rôle essentiel dans le choix final. Il faut que ce soit festif, coloré, fleuri… bref quelque chose de très fifille. Alors, entre les roses, la tour Eiffel et la promesse d’une histoire d’amour, inutile de vous dire qu’on ne tarde pas longtemps à se plonger dans cette histoire rose bonbon. (NB : livre disponible en anglais)

L’histoire : Terminal de Heathrow — Ruby Miller attend impatiemment son petit-ami Jack qu’elle n’a pas vu depuis longtemps. Mais elle voit tous ses plans romantiques tomber à l’eau lorsqu’elle réalise qu’il lui a fait faux bond à cause de son travail. Parti pour la Colombie où les liaisons téléphoniques semblent quasi inexistantes, Ruby rumine et fulmine, persuadée que sa relation longue distance ne tient plus qu’à un fil.

Par chance, son amie Harriett, l’invite à passer quelques jours chez elle à Paris. Ruby saisit l’occasion et saute dans le premier Eurostar direction la Ville Lumière où elle pense avoir l’occasion d’oublier ses peines de cœur. À la faveur d’une visite immobilière en compagnie de Harriett, experte en objets antiques, Ruby découvre un mystérieux appartement où rien ne semble avoir bougé depuis la Seconde guerre mondiale. Le mystère s’épaissit lorsqu’elle trouve un petit paquet de lettres d’amour passionnées et émouvantes dans la chambre aux allures de musée. Qui est l’auteur de ces lettres ? Qu’est-il advenu de cette histoire d’amour ? Pourquoi cet appartement est-il resté intact depuis toutes ces années ? Ses recherches mènent Ruby jusqu’en Provence en compagnie de Xavier, charmant avocat parisien chargé de régler les questions de succession avec la famille éloignée de la mystérieuse propriétaire qui avait fui Paris pour s’installer dans le sud de la France en raison de la guerre et des pressions familiales. Ruby se découvre une âme de détective et se démène pour lever le voile sur un secret vieux de soixante-dix ans.

Ce que j’en ai pensé : Cette histoire mêle habilement romance, intrigue familiale et récit détective. Au fil des rencontres et des péripéties de Ruby, un personnage attachant, on découvre progressivement les pièces du puzzle, mais l’auteur parvient à conserver le mystère jusqu’au dénouement final, offrant même une surprise étonnante et attendrissante. On retrouve un ressort assez fréquent dans ce genre de roman : l’utilisation de lettres d’amour pour résoudre une énigme, mais ce mécanisme est utilisé de manière efficace et pertinente car il sert de portail vers une époque révolue où l’on exprimait ses sentiments sur papier avec un raffinement indéniable. Ce lien avec le passé est manié avec intelligence et véhicule beaucoup d’émotion, au point même de vous tirer quelques larmichettes à la fin.

Mention particulière pour la dernière partie du roman particulièrement bien écrite et poignante à bien des égards.

Ruby parviendra-t-elle à faire toute la lumière sur cette mystérieuse histoire d’amour impossible entre une bourgeoise parisienne et un soldat américain ? Entre Xavier et Jack, quel homme gagnera le cœur de Ruby ?

Un récit romantique bien écrit, à la fois drôle et touchant, qui ne laissera pas indifférent.

Ma note : ♥ ♥ ♥

Un week-end entre amis [Sophie Kinsella]

Un week-end entre amis

Pour ce premier billet, quoi de plus approprié qu’un roman écrit par l’une des romancières de chick-lit les plus connues ? J’avais beaucoup aimé son style d’écriture dans Twenties Girl et I’ve got your number qui s’inscrivent dans la pure tradition du roman feel-good puisqu’ils mettent en scène comme personnage principal une jeune femme dynamique enchaînant les péripéties rocambolesques tant dans sa vie professionnelle que dans sa vie amoureuse. Ce type de romans féminins classiques est drôle et sucré ; une gourmandise à savourer à la plage ou au coin du feu, avec un cocktail bien frais ou un thé fumant. Autant dire qu’en lisant le synopsis de Un week-end entre amis, j’avais hâte de découvrir les talents satiriques de Sophie Kinsella qui nous offre une comédie caustique sur la bourgeoisie anglaise avec une petite poignée de personnages principaux.

L’histoire : Trois couples se retrouvent le temps d’un week-end pour se remémorer leurs souvenirs de l’époque où ils vivaient encore dans la même rue, Seymour Road. Les retrouvailles se tiennent dans la splendide propriété de Patrick et Caroline. Entre match de tennis et cocktails autour de la piscine, le week-end de détente tourne rapidement au règlement de comptes. Les piques fusent, les égos se froissent et les mensonges se tissent avant que les vérités et les rancœurs n’éclatent au grand jour dans cette comédie acerbe et incisive où la sincérité des relations amicales et amoureuses est mise à rude épreuve.

Ce que j’en ai pensé : Au fil de l’histoire, les masques tombent et les personnalités se révèlent. Selon les points de vue adoptés, on se met à apprécier un personnage avant de le détester au détour d’un aveu inopiné. Bien que ce récit mette en scène des personnages issus de la bourgeoisie, le message que l’on peut tirer de ce roman peut s’appliquer à toutes les strates de la société car il porte sur le bien-fondé des comparaisons sociales, le pouvoir de l’argent et l’authenticité des sentiments. Peut-on réellement mesurer sa réussite personnelle et professionnelle en se comparant à ses « amis » ? Comment définit-on le succès ? Les amitiés et les amours sincères et désintéressés sont-ils possibles ?

On s’éloigne des codes et des mécaniques bien rodées de la chick-lit et on peut logiquement se demander : Happy ending or not happy ending ? Telle est la question. Sous une apparence superficielle se cache parfois quelque chose de profond. Voilà une raison de plus d’adorer la chick-lit et de se laisser surprendre par certaines histoires inattendues.

Ma note :