Histoire du 36 Quai des Orfèvres [Claude Cancès]

En plus d’un siècle d’histoires, le 36 quai des Orfèvres a souvent ouvert ses portes aux voyous, avant de les refermer sur eux, menottes aux poignets…
En trente-cinq ans de carrière, Claude Cancès, ancien directeur de la PJ, est devenu familier d’un des plus mythiques bâtiments de Paris, dévoilant ses mémoires, perçant ses secrets.
Des premières affaires des brigades à la naissance de la PJ et de la police scientifique, il fait revivre le crime parisien : la bande à Bonnot, Ben Barka, enlevé au cœur de la capitale, l’histoire du “bon” docteur Petiot, ou encore, plus près de nous, l’assassinat de Jean de Broglie et l’affaire des Irlandais de Vincennes.

« Une plongée dans l’univers du mal, où la Grande Histoire croise les affaires les plus sordides. Un hommage passionné et passionnant. » Jean-Marie Pontaut – L’Express

Ce que j’en ai pensé : Bien que plus friande de fictions et de lectures “feel-good”, le thème de cet ouvrage a immédiatement piqué ma curiosité sur les étals de la librairie. Grand bien m’en a pris car ce pavé de 600 pages est captivant et très bien écrit. Il retrace de manière fouillée l’histoire de ce site emblématique à travers le récit tantôt émouvant, tantôt glaçant des affaires qui ont marqué le quotidien des enquêteurs. Très instructive, la partie axée sur les débuts de la police judiciaire à Paris était parfois un peu longuette, mais donne une bonne idée de l’évolution des pratiques au fil des siècles. On revient de loin ! L’on se rend compte de la nécessité de certaines avancées techniques pour confondre les criminels le plus tôt possible.

On ne peut que souligner le caractère humain de ce livre où l’auteur ne se contente pas de relater les affaires qui ont rythmé son quotidien, mais parvient à retranscrire l’esprit de camaraderie qui règne dans ces locaux. Il a parfaitement su communiquer cette passion qu’il voue à son métier, une vocation. On ne peut que déplorer l’influence du milieu politique sur le fonctionnement de cette « Maison » où le jeu des chaises musicales est monnaie courante.

Au-delà des affaires les plus connues, ce livre aborde des enquêtes étonnantes que l’on connaît moins. Il faut tout de même avoir le cœur bien accroché car certaines parties sont très dures à lire, notamment les affaires les plus sanglantes et/ou sordides, sans parler de la perte de certains amis et collègues de l’auteur lors d’interventions ayant mal tourné.

Si vous souhaitez redécouvrir dans une nouvelle lumière certaines affaires médiatisées comme Human Bomb, les attentats de 95 ou le gang des postiches, je recommande vivement ce livre, surtout pour ceux et celles qui, comme moi, étaient trop jeunes pour se souvenir de ces événements. Cet ouvrage donne une autre perspective — en plein cœur de l’action — qui complète bien le récit médiatique entendu à la télévision.

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥ (= J’ai adoré)

Les lumières de Cape Cod [Beatriz Williams]

« Tiny » c’est Christina, la troisième sœur de la famille Schuyler, la plus élégante, la plus douce, la plus parfaite. Mariée à Frank Hardcastle, homme politique très influent, Tiny mène une vie de gala et de cocktails dans les jardins cossus de Cape Cod, où les Hardcastle ont établi leur bastion. Mais alors que Frank est donné favori pour les élections présidentielles, deux événements viennent troubler la vie a priori idyllique de sa belle épouse : c’est d’abord les courriers menaçants d’un maître chanteur ; puis, les retrouvailles inattendues et déstabilisantes avec le vétéran Caspian Harrison, de retour de la guerre du Vietnam. Avec ce premier amour qui réapparaît, c’est tout le passé de Tiny qui resurgit. Un passé bien moins lisse qu’il n’y paraît, fait de passion, de mensonges, de drames. Et dont l’écho, s’il venait à gronder, pourrait nuire à la réputation irréprochable de toute la famille Hardcastle…
Les sentiments ont-ils une place dans la course au pouvoir suprême ?

Dans Le Cercle Belfond, LE roman incontournable pour l’été ! Après L’Été du cyclone et La Vie secrète de Violet Grant, Beatriz Williams offre le magnifique portrait d’une femme prise au piège de la passion, du pouvoir et du mensonge.1966, Cape Cod.

Ce que j’en ai pensé : Comme beaucoup de lectrices, je suis sensible à la couverture des livres, en plus du synopsis (évidemment !). Les lumières de Cape Cod réunissait tous les critères à cet égard. Du rose, du vintage, une passion, des secrets familiaux. Dès le départ, j’ai été séduite par cette atmosphère empreinte de l’aura de Jackie Kennedy. On plonge au cœur d’une puissante famille américaine aux ambitions politiques assumées. Dans l’Amérique des années 1960 (et d’aujourd’hui), un homme politique visant les plus hautes sphères doit s’afficher au bras d’une douce et jolie épouse. Tiny coche toutes les cases pour remplir à merveille ce rôle formaté ! Ce personnage en apparence lisse est en réalité en proie à une profonde crise personnelle déclenchée par un horrible chantage.

L’intrigue du roman s’articule principalement autour de deux voix — Tiny en 1966, le moment présent et Capsian en 1964 avec une narration au passé. Au départ, c’est un peu déroutant de passer d’un mode à l’autre, mais l’on s’y habitue rapidement. Axé sur une réflexion existentielle menée par Tiny, le roman évolue à un rythme assez lent, propice à l’introspection. Tiny est une jeune femme aux prises avec un mal-être ; elle a subi une fausse-couche qui l’a profondément bouleversée et elle doit composer avec une famille exigeante. Désireuse de faire plaisir et de ne jamais décevoir, elle se retrouve « coincée » dans un univers privilégié que lui envierait beaucoup de femmes mais, comble de l’ironie, la rend malheureuse. Forcément, quand vous devez faire bonne figure dans la haute société et que votre mari vous trompe à tour de bras, n’importe quelle aspirante Jackie Kennedy serait rapidement désenchantée par le revers de la médaille qui accompagne les fastes d’une vie mondaine !

Globalement, l’écriture est fluide et agréable à lire. Très descriptives, les scènes sont vivantes et faciles à s’imaginer. Beaucoup de références olfactives et visuelles contribuent à planter un décor invitant au voyage. Le casting des personnages est convaincant. J’ai particulièrement aimé le personnage sulfureux de Pepper, la sœur de Tiny. Elle apporte un contraste saisissant et cocasse. Elles sont un peu le ying et le yang. On se prend d’affection pour le personnage de Tiny et son histoire d’amour contrariée avec Capsian, le tout sur fond d’élections américaines et de cocktails mondains saupoudrés de scandales familiaux.

Il s’agit du deuxième roman dans la saga des sœurs Schuyler. N’ayant moi-même pas lu le premier opus, je peux confirmer que cela n’entrave en rien la lecture du livre Les lumières de Cape Cod. Il pousse même à s’intéresser au roman La vie secrète de Violet Grant qui s’articule autour du personnage de Vivian, l’une des sœurs de Tiny.

Je recommande !

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥ (= J’ai adoré)

Austenland [Shannon Hale]

17552626Jane Hayes is a seemingly normal young New Yorker, but she has a secret. Her obsession with Mr. Darcy, as played by Colin Firth in the BBC adaptation of Pride and Prejudice, is ruining her love life: no real man can compare. But when a wealthy relative bequeaths her a trip to an English resort catering to Austen-crazed women, Jane’s fantasies of meeting the perfect Regency-era gentleman suddenly become realer than she ever could have imagined.

Decked out in empire-waist gowns, Jane struggles to master Regency etiquette and flirts with gardeners and gentlemen; or maybe even, she suspects, with the actors who are playing them. It’s all a game, Jane knows. And yet the longer she stays, the more her insecurities seem to fall away, and the more she wonders: Is she about to kick the Austen obsession for good, or could all her dreams actually culminate in a Mr. Darcy of her own?

My thoughts on the book: I first watched the hilarious film starring Keri Russell, and I knew I had to read the book. Usually, I do it the other way around. Anyway, the book is actually quite short (193 pages), so it is an easy and quick read. Although the film took some liberty with the script, it is as refreshing and entertaining.

I might not necessarily put it on a must-read list, however I had a really pleasant time delving into this Austen detox Jane Hayes is embarking on. By immersing herself in this Austen full-on experience, she’s hoping to get all the Darcy craziness out of her system in order to enjoy healthy relationships in real life. And boy did she have a string of awful boyfriends! Jane Hayes is a relatable, witty young woman who shares her experience of this odd theme park that will make you wish it existed in real life. I would also retain one truthful quote from the novel “Fantasy is the opiate of women”, and by choosing to indulge in Regency-inspired novels, I must admit it is not entirely false.

All in all, if you feel like having a lovely, fun literary treat, I really recommend reading and watching Austenland. I’m also tempted by the second installment Midnight In Austenland. Why stop the fun?!

My score: ♥ ♥ ♥ ♥ (=I loved it)