Marie-Odile Ascher

La Voyageuse des îles [Marie-Odile Ascher]

1848, dans une plantation coloniale à l’île Maurice. Sita, 12 ans, grandit sous les cris et les coups des maîtres, rêvant du jour où elle, l’orpheline, la servante, pourra échapper à sa condition et au mariage arrangé qui lui est destiné.
À la même époque en Bourgogne, Guillaume, l’instituteur du village, souhaite se bâtir un avenir différent de celui promis par sa naissance.
Sita et Guillaume, deux fortes têtes bien décidées à ne jamais se laisser soumettre par le destin, devront se battre pour leurs rêves, envers et contre tous.

Ce que j’en ai pensé : Le synopsis s’annonçait prometteur — une histoire d’amour et d’émancipation à l’époque coloniale marquée par le racisme et un ordre social rigide, le tout dans le décor tropical de l’île Maurice.

Une jeune servante indienne tient à échapper à sa condition et à un mariage arrangé, la norme dans la culture indienne. Impétueuse et avide d’indépendance, Sita apprend à lire et à écrire toute seule, ce qui lui vaudra l’admiration de Mademoiselle Charlotte, la fille des Casterlregnault, des planteurs français très attachés à l’ordre social. Cédant aux requêtes de leur fille, ils acceptent tout de même d’accueillir Sita comme demoiselle de chambre. Mary, la préceptrice anglaise, lui donne même des cours, épatée par les capacités de la jeune indienne.

En parallèle, le lecteur suit une histoire assez semblable avec Guillaume, un jeune homme ambitieux aux origines très modestes qui veut s’affranchir du carcan social dans lequel il se sent à l’étroit. Profitant d’un coup de pouce du destin, il va se réinventer très loin de sa campagne de Bourgogne. Son ascension sociale ne sera pas sans quelques remous, mais son rôle dans la vie de Sita sera crucial.

Entre Sita, une héroïne forte et avant-gardiste, et Guillaume, homme d’affaires audacieux et sensible, une histoire d’amour pourrait-elle s’épanouir malgré les médisances de la bonne société ?

La Voyageuse des îles est une bien jolie fresque historique. Forte d’une écriture riche et dense, l’histoire souffre tout de même d’un surplus de détails qui alourdit parfois la narration — exemple typique de « surécriture ». Le récit gagnerait à se délester d’un peu de fioritures descriptives pour dynamiser l’action.

Au-delà de ça, je conseille vraiment cette lecture pour sa perspective de la culture indienne, du féminisme et de l’époque coloniale à Maurice et à La Réunion. Je tiens à souligner que l’épilogue est particulièrement émouvant et réussi.

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥ (=j’ai adoré)

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