Sarah Lark

Le pays du nuage blanc [Sarah Lark]

20487532« La légende veut que les premiers Maoris arrivèrent en pirogue depuis la Polynésie. La première image qu’ils eurent de la Nouvelle-Zélande fut cette île enveloppée d’un long nuage blanc. D’où le nom qu’ils lui donnèrent. »

Londres, 1852. Helen, préceptrice de deux enfants dans une riche famille, répond à une annonce qui propose à des jeunes femmes de partir épouser des Britanniques installés en Nouvelle-Zélande.
Sur le bateau qui la mène à Christchurch, elle se lie avec Gwyneira, une jeune noble galloise qui immigre à cause des difficultés financières de son père.
L’amitié entre les deux femmes sera indéfectible malgré les épreuves, les désillusions et la haine, surtout, qui déchirera leurs deux familles. Mais elles auront la joie de voir leurs enfants s’unir et inventer une nouvelle vie, en osmose avec les autochtones et la nature.

Mon avis : Je lorgne depuis longtemps ce pavé à la couverture attrayante sur les rayons de la médiathèque. Compte tenu de sa longueur (643 pages exactement), il me fallait attendre un moment propice à une lecture aussi ambitieuse. Attirée par la culture et l’histoire des peuples d’Océanie, je ne pouvais qu’être séduite par cette fresque plantée en plein cœur du 19e siècle. Il m’a tout de même fallu une bonne cinquantaine de pages pour rentrer dans le récit. Mais une fois cette étape franchie, j’ai été totalement happée par ce récit aux allures de saga romanesque.

On suit les aventures sentimentales (« amoureuses » est un bien grand mot au vu des relations maritales de l’époque !) de deux jeunes femmes britanniques, Helen et Gwyneira, parties s’expatrier dans l’outre-mer britannique, plus précisément en Nouvelle-Zélande où les colonies manquent cruellement de femmes. Deux personnages féminins très attachants dont les déboires maritaux ne peuvent que susciter un profond émoi chez toute lectrice.

En raison des mœurs de l’époque, du poids accablant de la religion et des difficultés quotidiennes inhérentes au style de vie dans les colonies (exploitations agricoles / élevage de bétail / ruée vers l’or), la vie de ces pionnières est tout sauf un long fleuve tranquille. À travers une plume fluide et agréable, l’auteure dresse des portraits de femmes poignants ; des femmes sous l’autorité d’hommes rustres et violents, très portés sur la boisson. Les conditions de vie précaires et la dureté du quotidien des exploitants agricoles poussent les deux jeunes femmes dans leurs retranchements, dévoilant au fil des années une force de caractère impressionnante.

Autre atout du roman, la place consacrée au peuple Maori. Les échanges amicaux entre la jeune génération de Maoris et Helen et Gwyneira sont touchants. Enseignante de profession, Helen entreprend de transmettre ses savoirs aux « indigènes », mais c’est surtout elle qui va beaucoup apprendre en retour. Un échange interculturel très riche. Les Maoris semblent entretenir des relations cordiales avec les colons blancs, un contexte bien différent de celui plus connu vécu par les Aborigènes en Australie. Pour autant, les conflits ne sont pas inexistants et la colère couve en raison d’entourloupes sur les ventes foncières. Une confrontation qui atteint son paroxysme avec Paul, le fils de Gwyneira. D’ailleurs, les intrigues parallèles concernant les personnages secondaires, notamment les anciennes pupilles de Helen, les enfants de Gwyneira et le fils de Helen, sont captivantes et dignes d’intérêt.

Exception faite de quelques inexactitudes historiques (notamment la mention du dollar alors que la livre néo-zélandaise était en vigueur jusqu’en 1967 !), on est plongé dans un récit très prenant et bien rythmé. Les personnages sont bien campés. L’auteure aborde de multiples thèmes sociétaux (les conséquences de la colonisation, la prépondérance de la religion, la place de la femme et même l’homosexualité), ce qui permet aux lecteurs d’avoir une vision très exhaustive de la vie à cette époque.

C’est un roman dépaysant, divertissant et émouvant que je conseille à tous ceux et toutes celles qui apprécient les sagas familiales riches en rebondissements. Si ce livre était adapté en série télé, il y aura matière à nourrir plusieurs saisons. Une très belle lecture !

Verdict : ♥ ♥ ♥ ♥ (=j’ai adoré)

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