Dinah Jefferies

La mariée de Ceylan [Dinah Jefferies]

À dix-neuf ans, Gwendolyn Hooper débarque à Ceylan pleine d’espoir et impatiente de retrouver son nouvel époux, un riche planteur de thé. Mais l’homme qui l’accueille se révèle rapidement très différent de celui dont elle est tombée amoureuse à Londres.

Sombre et distant, Laurence se consacre à son travail, laissant sa jeune épouse découvrir seule la plantation. Folle de joie lorsqu’elle tombe enceinte, Gwen sombre pourtant vite dans un cauchemar. Lors de l’accouchement, la jeune mère est confrontée à un terrible dilemme et doit faire un choix… Si un jour la vérité éclate, Laurence parviendra-t-il à comprendre et à lui pardonner ?

Mon avis : Ce roman attire aisément le regard des lectrices avec sa couverture soignée, véritable invitation aux voyages dans les contrées exotiques des pays producteurs de thé. Autre atout : les innombrables critiques élogieuses qui fleurissent un peu partout. Ce n’est pas le premier roman que je lis sur ce thème (je pense notamment à la Cueilleuse de thé qui pourrait entrer dans la même veine), mais la différence est que ce livre se lit comme on contemple un tableau de grand peintre. Une caractéristique qui se révèle un atout autant qu’une faiblesse.

En effet, l’auteure prend soin de communiquer moults informations à la lectrice dans une explosion de couleurs, de senteurs, de textures. Elle nous plonge vraiment dans cette histoire de femme au début du XXe siècle en faisant appel à tous nos sens. C’est très délicat et raffiné, mais parfois on tombe quand même dans un récit trop contemplatif avec des longueurs. Même si le récit souffre un peu d’un certain manque d’actions, il compense avec la richesse psychologique des personnages, les secrets qui ne demandent qu’à être dévoilés, les intrigues sous-jacentes qui apportent un peu de mystère.

Les personnages sont plutôt bien campés, même si l’héroïne Gwen me semblait parfois irritante avec son début de paranoïa, sans parler de cette belle-sœur collante, Verity, qui s’apparente à une vraie peste parfois. Heureusement, cela évolue vers un épilogue crédible et profondément émouvant. Les pièces du puzzle s’assemblent avec logique et sensibilité.

En somme, La mariée de Ceylan est une très jolie lecture, profondément dépaysante et bouleversante. L’auteure dresse un portrait de femme riche et émouvant. Une fresque qui s’inscrit dans une époque où les questions socio-économiques sont abordées avec justesse. Comme l’auteure le précise à la toute fin du livre, elle a bel et bien fait des recherches approfondies qui ont nourri intelligemment ce roman, pour le plaisir d’évasion de la lectrice.

3 bonnes raisons de lire La mariée de Ceylan :

=> Un voyage dépaysant vers une contrée exotique à une époque tellement éloignée de notre société contemporaine. Les enjeux sociétaux, économiques et politiques forment donc une toile de fond fort intéressante et instructive.

=> La diversité du casting avec des personnages tantôt attachants, troublants, intrigants ou agaçants. J’ai beaucoup aimé le rôle joué par une grande absente (Caroline, la première épouse morte, mais dont le spectre reste bien présent), dont l’histoire est égrenée par indices au fil du récit avant de révéler tous ses secrets dans l’épilogue réussi.

=> Le thème central : un roman profondément féminin dans lequel les mœurs de l’époque ont un impact foudroyant sur le destin d’une jeune Blanche privilégié dans un pays divisé où les tensions couvent.

Verdict : ♥ ♥ ♥ (= J’ai beaucoup aimé)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s