Katrina Onstad

Week-end paresseux, week-end heureux [Katrina Onstad]

Le secret d’une vie plus heureuse ? Apprendre à faire de son week-end un sanctuaire de paresse ! Il est loin, le sacro-saint week-end dédié au repos, tout en fluidité et en spontanéité. Regardez un peu à quoi ressemble le vôtre : un enchaînement d’obligations, d’invitations à honorer, de notifications sur votre téléphone… La plupart d’entre nous travaillons bien davantage qu’il y a dix ans. Mais ce qui a réellement changé, c’est que nombre d’entre nous travaillons sept jours sur sept, sans répit pour recharger ses batteries, ni se changer les idées. Pas besoin de compte rendu d’études scientifiques pour percevoir que cette pression ne nous fait pas de bien.
La journaliste Katrina Onstad qui souffrait elle-même du blues du dimanche soir, part à la recherche, grâce à l’histoire et à la psychologie positive, de ce qui fait un week-end heureux.
Elle s’intéresse aux entreprises, aux pays et aux individus qui protègent farouchement leurs week-ends et les réservent au bonheur, aux découvertes, et surtout à la quête de sens.

Mon avis : La promesse de cet ouvrage était très attrayante, une sorte de manuel de développement personnel pour mieux vivre, en particulier cet illustre moment de répit, le weekend. Trop souvent malmené en raison de nos quotidiens surbookés, le weekend est de plus en plus sacrifié au profit d’une profession et de technologies toujours plus envahissantes dans notre vie. Nous courrons après le temps et nous avons l’impression de ne pas assez profiter de nos weekends, d’où le fameux blues du dimanche soir.

Globalement, j’ai trouvé cet essai bien-être très intéressant et étonnamment instructif, en particulier grâce aux nombreuses références historiques. L’auteure ne se contente pas de fournir des idées bien-être pour mieux occuper nos weekends. Elle passe en revue l’évolution historique et sociétale de l’approche du repos. Des considérations politiques aux traditions religieuses, ce livre explique l’évolution des activités remplissant nos fins de semaine.

Le lecteur se rend compte que notre approche du temps, du travail, du repos, des loisirs et des hobbies a connu de profondes mutations au fil des générations et dans le monde occidental en général. Bien qu’américaine, l’auteure cite plusieurs fois certaines pratiques en Europe, ce qui permet d’inclure davantage les lecteurs européens que nous sommes. En effet, cet ouvrage est avant tout une photographie de la société américaine et de la fameuse « maladie américaine » : ne pas avoir de weekend car l’on travaille trop. L’uniformisation des sociétés occidentales fait que même les lecteurs européens pourront se retrouver dans le propos de l’auteure.

Cet ouvrage offre une vision très éclairante sur nos nouveaux modes de vie et la place toujours plus dévorante du travail, sans parler de l’incidence sur nos mentalités (surtout le règne de la performance). Peut-on encore mener des activités sans se laisser happer par le culte de la performance ? Peut-on encore s’amuser, se reposer et se socialiser sans chercher un motif caché de réseautage ? A travers divers témoignages, l’auteure nous montre que le culte de la réussite imprègne et vampirise notre approche de la vie et de nos relations.

D’ailleurs, j’ai trouvé que le titre du livre est un peu trompeur car, en réalité, l’auteure ne défend pas la notion de la paresse, mais plutôt une approche plus sociale et ludique des weekends. C’est un appel à ne plus se laisser dévorer par les obligations professionnelles pour favoriser ce qui compte réellement : le lien social, les moments privilégiés avec ses proches, cultiver les relations et le bien-être psychique et physiques à travers des loisirs et des hobbies, un retour à la nature et à la conscience de soi. Ne pas se laisser définir par son travail et protéger des plages de repos pour se ressourcer avec efficacité.

En réalité, ce livre est relativement contre le concept de « paresse ». Il préconise de trouver un équilibre entre les activités passives (= « binge-watcher » des séries) et les activités actives (pratiquer un sport, faire du bénévolat, avoir un hobby). C’est étonnant que ce titre ait donc été choisi car le message de l’auteure est plutôt de se concocter des weekends où l’on s’offre du temps libre  régénérant ; du temps libre que l’on consacre à des activités qui ont du sens et qui favorise le bien-être psychique et physique.

Comme dans tout livre de ce type, le lecteur prendra et laissera ce qu’il souhaite. A titre personnel, je ne partage pas toujours la vision de l’auteure (ni ses recommandations), mais je trouve qu’elle propose une piste de réflexion intéressante.

Je recommande cette lecture qui est agréable, facile et source de réflexions.

Verdict : ♥ ♥ ♥ (= J’ai beaucoup aimé)

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