Ma vie pas si parfaite [Sophie Kinsella]

À Londres et dans le Somerset, de nos jours.
Sorties culturelles, soirées animées, restos branchés, job de rêve dans une grande agence de pub, d’après ses comptes Facebook et Instagram, Katie, 26 ans, vit la vie géniale des it-girls de Londres.
En réalité, elle loue une fortune une chambre minuscule dans une coloc à presque deux heures du centre, vit sur un budget tellement serré qu’elle doit parfois choisir entre un repas et un « mokaccino » hors de prix et travaille pour une boss cauchemardesque. Et quand cette dernière décide de la virer sous un prétexte pour le moins léger, Katie n’a d’autre choix que de rentrer chez son père dans le Somerset.
Mais pas question de se laisser abattre. Londres ne veut pas d’elle ? Katie va trouver un moyen de faire venir Londres à elle et de faire de la ferme familiale l’endroit le plus hype de tout le Royaume-Uni. Tellement hype qu’il pourrait bien attirer les hipsters de la capitale et avec eux, de vieilles connaissances…

Ce que j’en ai pensé : Je connais plutôt bien Sophie Kinsella, célèbre auteure de chick-lit dont je garde un excellent souvenir avec les romans Twenties Girl, Un weekend entre amis et I’ve got your number, entre autres. C’est donc avec plaisir que je me suis plongée dans ce nouvel opus au titre accrocheur.

Dès le premier chapitre, je me suis surprise à éclater de rire, les scènes cocasses étant particulièrement bien mises en scène et narrées avec légèreté. Les personnages principaux, notamment Katie, sont très attachants. L’univers est certes convenu (opposition campagne/ville), mais ce contraste saisissant permet de mettre en avant des personnages à forte personnalité, particulièrement Demeter, une working-girl autoritaire et détestée par son équipe, ou encore le père de Katie, un homme attendrissant qui se trouve à des années lumières de l’univers superficiel de la publicité/image de marque à Londres.

Le thème du roman est particulièrement d’actualité et saura éveiller l’intérêt de bon nombre d’adeptes des réseaux sociaux. Katie fait en effet partie de tous ces gens qui diffusent une image lissée et idéalisée de leur vie quotidienne sur Instagram, parmi d’autres plates-formes. Aux prises avec cette pression qui consiste à afficher en permanence une façade de bonheur constant et de réussite sans accroc, Katie doit affronter les difficultés financières qu’une vie à Londres impose à ceux qui démarrent leur carrière. En tant que lectrice, on suit avec bienveillance et empathie les hauts (et surtout les bas) du quotidien de Katie. Entre ces mésaventures humiliantes à Notting Hill, ses colocataires cauchemardesques et son travail bien loin des paillettes et du glamour, elle trouve un peu de réconfort en s’inventant une vie parfaite sur Internet.

Point fort du roman : j’ai été très agréablement surprise par la tournure des événements autour du personnage de Demeter. Les liens entre Katie et sa patronne vont radicalement évoluer et offrir à l’intrigue un virage intéressant et rythmé.

Globalement, j’ai passé un très bon moment en compagnie de ce roman qui est parfaitement adapté à un après-midi farniente à la plage. Sans être un coup de cœur, ni un livre profondément bouleversant, c’est un roman féminin divertissant, amusant et attendrissant avec un joli casting.

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥ (=J’ai adoré)

 

 

Une maison de rêve [Sophie Kinsella]

Une maison de rêveLiz et Jonathan ont décidé de racheter une école privée très chic mais à l’avenir incertain. Le projet ambitieux se transforme peu à peu en cauchemar pour le couple qui pensait pouvoir financer cet achat en vendant leur maison. Malheureusement, les choses ne se passent pas comme prévu et les difficultés financières s’aggravent tandis que la remise à flot de cet établissement s’avère une tâche colossale. Ajoutons à ces déconvenues les amours compliquées des trois couples principaux, les désillusions professionnelles de chacun et la responsabilité parfois lourde que représentent les enfants des couples, vous obtenez une situation susceptible d’imploser à tout moment.

Ce que j’en ai pensé : Sophie Kinsella fait partie de mes auteures favorites. Elle propose un nouveau récit où se croisent les histoires de plusieurs couples. Malheureusement, je dois avouer que cet opus m’a déçue. Pour moi, l’histoire ne décolle jamais véritablement, les intrigues sont ennuyeuses et les personnages féminins sont tellement irritants qu’on ne parvient à s’identifier à aucun d’eux. Liz entame une relation extra-conjugale et commence à se comporter comme une ado ultra-sensible et irréfléchie. Anthea est une « mère-hélicoptère » exaspérante et hautaine. Quant à Ginny, elle s’apparente à une Londonienne capricieuse qui n’attend que la gloire de son mari d’acteur pour enfin vivre la vie dont elle rêve (une vie qui, somme toute, semble très matérialiste). Alice, la fille ado de Liz et Jonathan, est en revanche intéressante. Elle traverse une période de vie difficile, s’éprend du mari de Ginny et essaie de trouver sa place dans une école où elle réalise qu’elle n’a pas suffisamment d’amis. Jonathan est un personnage qui aurait mérité d’être développé davantage car c’était bien le plus adulte et le plus responsable de tous.

En conclusion, le scénario n’est pas captivant, les personnages sont relativement insignifiants et le dénouement décevant.

Ma note : ♥

Des vacances inoubliables [Sophie Kinsella]

Des vacances inoubliables a été écrit par la romancière Madeleine Wickham, plus connue sous le nom d’auteure de Sophie Kinsella. Au-delà de cette pratique parfois déroutante de changer de nom, la qualité de l’écriture et du scénario reste au rendez-vous. Cet ouvrage compte parmi ses premières œuvres et on retrouve l’un de ses thèmes favoris : croquer les travers des Londoniens bourgeois, à l’image du livre Un week-end entre amis à propos duquel j’ai publié une critique ici.

Sauf que cette fois-ci, ils ne sont pas tout à fait amis…

L’histoire : Deux couples londoniens et leurs enfants se retrouvent en même temps dans la villa en Espagne de Gerard, un ami commun qui leur a laissé sa magnifique propriété avec piscine la même semaine par erreur. À leur arrivée, Chloe, Philip et leurs deux fils ont ainsi la (mauvaise) surprise de découvrir que la demeure est déjà occupée par une autre famille — Amanda, Hugh, leurs deux fillettes et une baby-sitter au look rebelle et aux blagues douteuses. Si le manque d’intimité et la chaleur étouffante d’Andalousie ne suffisaient pas à gâcher ce qui devait être des vacances pour oublier les soucis, ce malentendu réunit (par hasard ?) Chloe et Hugh qui se gardent bien de révéler à leurs conjoints qu’ils se connaissent de longue date. En effet, ils ont vécu une intense passion il y a quinze ans en arrière. Entre les soucis de travail de Philip, le caractère autoritaire d’Amanda et les mauvais souvenirs qui remontent à la surface avec ces retrouvailles impromptues entre Chloe et Hugh, les vacances en Espagne pourraient bien virer au cauchemar.

Ce que j’en ai pensé : Sophie Kinsella a un talent indéniable de conteuse. Elle sait vous transporter dans les aventures exotiques de personnages dotés de fortes personnalités. L’auteure parvient avec une grande facilité à vous surprendre avec un dénouement de qualité. Les personnages secondaires sont également bien traités et pertinents. La présence de la baby-sitter déjantée permet d’avoir un regard extérieur sur les deux couples conventionnels, ce qui ajoute un peu de piment. Avec ses réflexions imprévisibles et provocatrices, elle est déroutante et déconcertante, voire même un danger potentiel pour Chloe et Hugh. Et si elle avait compris le manège qui se tramait ?

Gerard est un personnage « invisible ». Au travers de quelques coups de téléphone et des souvenirs que se remémorent Chloe et Hugh, on découvre sa personnalité, ses manies et ses défauts et cela, par le prisme (forcément biaisé) des personnages principaux. Compte tenu de la tournure des événements, ce n’est pas très reluisant et on se met à le détester en même temps que les deux couples anglais.

Toutefois, j’ai eu de sérieux doutes sur la crédibilité du scénario au milieu de l’histoire à cause d’un rebondissement quelque peu incompréhensible — Et si ce malentendu n’était en réalité qu’un coup monté de Gerard pour mettre en difficulté Chloe et Hugh ? Je trouvais que les ficelles étaient trop grosses : les rapprocher quinze plus tard alors qu’ils ont chacun leur famille ? J’avoue que cela me paraissait tellement tiré par les cheveux comme ressort narratif qu’il me fallait poursuivre la lecture pour savoir comment l’auteure allait démêler ce sac de nœuds.

Heureusement, l’auteure n’a pas failli à sa réputation. J’ai lu ce roman en quelques heures seulement et la fin m’a agréablement surprise. Elle est non seulement bien écrite, mais également crédible, intelligente et un chouïa poétique. Ce roman a su capturer l’essence des relations humaines et offrir une conclusion invitant à la réflexion.

Savoir faire douter le lecteur, le balader pour mieux l’amener à la conclusion choisie. Je confirme que Sophie Kinsella figure parmi mes auteures chick-lit favorites.

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥

Un week-end entre amis [Sophie Kinsella]

Un week-end entre amis

Pour ce premier billet, quoi de plus approprié qu’un roman écrit par l’une des romancières de chick-lit les plus connues ? J’avais beaucoup aimé son style d’écriture dans Twenties Girl et I’ve got your number qui s’inscrivent dans la pure tradition du roman feel-good puisqu’ils mettent en scène comme personnage principal une jeune femme dynamique enchaînant les péripéties rocambolesques tant dans sa vie professionnelle que dans sa vie amoureuse. Ce type de romans féminins classiques est drôle et sucré ; une gourmandise à savourer à la plage ou au coin du feu, avec un cocktail bien frais ou un thé fumant. Autant dire qu’en lisant le synopsis de Un week-end entre amis, j’avais hâte de découvrir les talents satiriques de Sophie Kinsella qui nous offre une comédie caustique sur la bourgeoisie anglaise avec une petite poignée de personnages principaux.

L’histoire : Trois couples se retrouvent le temps d’un week-end pour se remémorer leurs souvenirs de l’époque où ils vivaient encore dans la même rue, Seymour Road. Les retrouvailles se tiennent dans la splendide propriété de Patrick et Caroline. Entre match de tennis et cocktails autour de la piscine, le week-end de détente tourne rapidement au règlement de comptes. Les piques fusent, les égos se froissent et les mensonges se tissent avant que les vérités et les rancœurs n’éclatent au grand jour dans cette comédie acerbe et incisive où la sincérité des relations amicales et amoureuses est mise à rude épreuve.

Ce que j’en ai pensé : Au fil de l’histoire, les masques tombent et les personnalités se révèlent. Selon les points de vue adoptés, on se met à apprécier un personnage avant de le détester au détour d’un aveu inopiné. Bien que ce récit mette en scène des personnages issus de la bourgeoisie, le message que l’on peut tirer de ce roman peut s’appliquer à toutes les strates de la société car il porte sur le bien-fondé des comparaisons sociales, le pouvoir de l’argent et l’authenticité des sentiments. Peut-on réellement mesurer sa réussite personnelle et professionnelle en se comparant à ses « amis » ? Comment définit-on le succès ? Les amitiés et les amours sincères et désintéressés sont-ils possibles ?

On s’éloigne des codes et des mécaniques bien rodées de la chick-lit et on peut logiquement se demander : Happy ending or not happy ending ? Telle est la question. Sous une apparence superficielle se cache parfois quelque chose de profond. Voilà une raison de plus d’adorer la chick-lit et de se laisser surprendre par certaines histoires inattendues.

Ma note :