Grace Kelly, l’amour et moi [Lucy Holliday]

Libby Lomax a toujours son bon vieux Chesterfield. Sa marque de bijoux décolle, elle tient enfin son ex envahissant à distance et Ollie, son meilleur ami, est sur le point de se marier avec une fille formidable… Tout va donc pour le mieux. Sauf que Libby est Libby. Elle est capable de confondre un chien sacré mexicain avec un rat. De rêver que c’est elle qui épouse Ollie. De se laisser inviter par un homme qui la renverse dans la rue. Bref : Libby a besoin d’aide… et qui mieux que Grace Kelly pourrait lui prodiguer quelques conseils ?
Ce que j’en ai pensé : Après Audrey Hepburn et Marilyn Monroe, j’ai retrouvé Libby Lomax en compagnie de Grace Kelly pour cette troisième et dernière aventure, concluant ainsi de manière princière la trilogie un peu déjantée et très enchantée de l’auteure Lucy Holliday.

Encore une fois, l’esprit de ce tome final est fidèle aux deux premiers volets. Libby continue son chemin vers la maturité avec l’appui d’une autre légende hollywoodienne au destin de conte de fées. Toutefois, j’ai été assez refroidie par le portrait que Lucy Holliday a brossé de Grace Kelly. L’apparition magique de cette icône n’est pas très agréable. Elle s’adresse à Libby avec une condescendance et une suffisance aristocratique très désagréables. Autant Audrey et Marilyn étaient sympathiques et candides, autant Grace est un peu trop hautaine et froide. Ce qui peut être déstabilisant dans une comédie.

Le deuxième reproche que je ferai à ce dernier opus est l’utilisation d’un cliché propre à la chick-lit : la survenue inopinée (et franchement improbable) d’un homme qui n’est rien de moins que milliardaire et vole au secours des amis de Libby à coup d’hélicoptère. Je conviens que l’auteure avait une nouvelle fois besoin de dessiner un parallèle entre le destin de la star hollywoodienne et la vie de Libby pour que cette dernière apprenne la dernière leçon la menant à concrétiser sa propre destinée. Mais, ce n’est pas ce qu’il y a de plus réaliste.

Cela étant dit, l’intrigue est globalement agréable et divertissante. C’est une lecture légère et pétillante qui n’a pas manqué de me faire rire. Dans la digne tradition des romans féminins de type « chick lit », le personnage principal a bel et bien son « happy ending ». Je ne vous dévoilerai pas avec qui (évidemment !), mais c’est une conclusion doudou, romantique et crédible.

En dépit des quelques défauts, je garderai un très bon souvenir de cette trilogie pleine de bonne humeur, d’humour et d’amour.

Ma note : ♥ ♥ ♥ (=j’ai beaucoup aimé)

Les larmes de Cassidy [Amy Wane]

32468923Paris, 1935.
Matthew Alban-Wilson est un jeune et brillant docteur et exerce dans un hôpital parisien. Il s’intéresse tout particulièrement à une patiente dans le coma, arrivée sept ans plus tôt. Lorsque celle qu’il a prénommée Blanche se réveille miraculeusement, le docteur ne peut refréner sa curiosité. Inspiré par les travaux de sa mère, écrivaine, et de sa grand-mère, psychiatre, Matthew demande à Blanche de lui raconter son histoire. La jeune femme est en réalité Cassidy McMurray, une aristocrate irlandaise. De Clifden à Paris en passant par l’Inde, les mots de Cassidy et la plume de Matthew retracent l’histoire d’une fille de l’Eire, l’histoire d’une femme du XXe siècle. Retrouvera-t-elle sa vie d’avant ?

Ce que j’en ai pensé : Les larmes de Cassidy est un vrai roman coup de cœur. L’auteure fait preuve d’une très belle plume à la fois sensible et raffinée. Les personnages sont attachants et les rebondissements s’enchaînent à un rythme soutenu. Le roman oscille entre les moments tragiques et les instants de bonheur. Cassidy est une jeune aristocrate atypique qui a été parfaitement éduquée dans l’optique de reprendre les rênes de l’empire industriel familial. Mais, à cette époque, diriger une entreprise, a fortiori un conglomérat pesant des milliards, n’est certainement pas une prérogative des femmes. Dans cette société patriarcale, Cassidy rencontrera une kyrielle de difficultés et de drames qui l’ébranleront au plus profond d’elle-même. Aura-t-elle le courage de surmonter toutes ces épreuves du destin afin d’occuper la place dont Sullivan, son père, rêvait pour elle ?

En tant que lectrice, on se plonge avec plaisir dans cette saga où les connaissances historiques de l’auteure sont manifestes. De la verte Irlande à l’Angleterre, en passant par les États-Unis, la France et l’Inde, on embarque dans une aventure rythmée par les drames familiaux, les secrets personnels et les amours contrariées, le tout ancré dans une société régie par les mœurs de la bonne société qui sont rarement favorables à l’émancipation de la femme. La narration se caractérise par de nombreux va-et-viens temporels, mais cela n’entrave en rien la lecture — il s’agit d’un récit ambitieux couvrant un siècle d’événements !

On ne peut pas rester indifférente au destin exceptionnel et romanesque de cette aristocrate irlandaise avide de liberté, une figure pionnière profondément en avance sur son temps.

Les larmes de Cassidy est un roman dépaysant, bouleversant et émouvant que je recommande mille et une fois !

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

 

Loin de Berkley Hall [Coralie Khong-Pascaud]

Loin de Berkley Hall par [Khong-Pascaud, Coralie]Angleterre, 1911
Alors que sa sœur cadette s’apprête à faire son entrée dans la bonne société à l’occasion du bal des débutantes, Lady Catherine Davenport sème le trouble sur le domaine familial de Berkley Hall en refusant de se marier.
Éprise de liberté et de reconnaissance, Lady Catherine se rapproche de Lydia, une femme de chambre au caractère bien trempé et qui a du mal à supporter sa condition de domestique.
Ensemble, elles vont décider d’un tout autre chemin…

Ce que j’en ai pensé : « Loin de Berkley Hall » a obtenu la 2e place du concours d’écriture organisé par les éditions Charleston plus tôt cette année sur le thème Downton Abbey. Si vous êtes fan de cet univers, vous ne serez pas du tout déçu(e) par cet ouvrage très réussi.

Qu’il s’agisse de l’intrigue principale avec Lady Catherine ou des rebondissements annexes avec les personnages secondaires, on se laisse transporter avec joie dans le temps au cœur de ce domaine où cohabitent membres de l’aristocratie et simples domestiques. Les différents personnages sont dotés de personnalités riches et intéressantes. La narration est fluide, légère et rythmée.

J’ai particulièrement aimé le souci du détail de l’auteure qui nous offre des descriptions très poussées, qu’il s’agisse de l’architecture intérieure du domaine, des vêtements des personnages ou des menus des repas/festins. Cela contribue à rendre l’action encore plus vivante et crédible. On s’imagine avec beaucoup d’aisance les différentes scènes comme un film qui défile sous nos yeux au fur et à mesure que l’on tourne les pages.

En somme, j’ai été emballée par ce roman qui appelle une suite, un peu à l’image des diverses saisons de Downton Abbey ! Lady Catherine est un personnage complexe qui se prêterait facilement à cet exercice.

En attendant, je ferai durer le plaisir avec le roman Les larmes de Cassidy qui a remporté la première place du concours. Abusons donc des bonnes choses !

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥

L’oiseau des neiges [Tracy Rees]

4e de couverture — Janvier 1831. Aurelia Vennaway, huit ans, héritière d’une riche famille aristocratique du comté de Surrey, découvre lors d’une promenade dans les bois du domaine familial un nouveau-né bleu de froid, posé à même la neige. Malgré l’hostilité de ses parents, elle réussit à leur faire recueillir l’enfant, qu’elle baptise Amy Snow.
À ses dix-huit ans, on découvre à Aurelia une maladie qui lui laisse peu de temps à vivre. Elle décide donc de partir en voyage quelques mois. Avant de mourir, elle laisse pour Amy une série de lettres qui vont l’aider à découvrir qui elle est et lui transmettre l’héritage qui lui revient. Amy s’embarque alors pour un périple aux quatre coins de l’Angleterre, avec, à chaque étape, une énigme à résoudre.

Ce que j’en ai pensé : J’ai beaucoup aimé cette immersion au cœur de l’Angleterre victorienne, une période fascinante qui sert de toile de fond à une amitié incroyable liant Aurelia, une jeune aristocrate aussi capricieuse qu’adorable à Amy Snow, une enfant dont les origines obscures lui seront constamment reprochées. Dans cette société régie par des mentalités, des classes et des codes sociaux d’une rigidité extrême, mieux vaut « bien » naître pour avoir une chance d’exister et d’être respecté. Ce roman parvient à restituer avec aisance cette réalité de l’époque, notamment eu égard à la condition féminine. Amy Snow incarne tout ce que rejette la société bien-pensante d’une époque résolument attachée à ses rituels, ses coutumes et ses classes sociales.

J’ai été très sensible à la vision féministe du récit — des revendications mises en évidence aussi bien sous les traits d’Aurelia qui aspire à autre chose qu’un mariage arrangé, rêvant de voyages, de bals et d’amour, que sous les traits d’Ariadne Riverthorpe, un personnage excentrique et haut en couleur qui joue un rôle déterminant dans le développement personnel d’Amy Snow en lui ouvrant les yeux sur certaines choses de la vie.

La chasse au trésor sert de fil conducteur à ce roman qui reste captivant malgré quelques longueurs qui viennent parfois alourdir le rythme. On découvre la lente métamorphose d’Amy Snow au fil de ses voyages et de ses mésaventures au sein de l’aristocratie. De Londres à Twickenham en passant par Bath et York, Amy abandonne ses guenilles pour de belles toilettes qu’elle arbore à l’occasion de bals. Toutefois, elle a bien du mal à faire oublier ses origines inconnues au sein d’une société obnubilée par la lignée. Elle se retrouve bien malgré elle au centre de plusieurs scandales, faisant figure de Cendrillon de l’ère victorienne grâce à l’héritage que lui a laissé Aurelia, sa fée marraine.

Les différents indices égrainés dans les nombreuses lettres adressées à Amy contribuent à épaissir le mystère qui entoure Aurelia. Quel est donc ce lourd secret qu’elle a pris tant de soin à cacher de ses parents ? Outre le rôle de bonne fée, Aurelia s’impose comme un guide pour Amy, l’aidant depuis l’au-delà à trouver sa place et son bonheur dans une époque où les femmes ont très peu de possibilités et d’alternatives en matière de choix de vie.

Je tiens à souligner que les derniers chapitres offrent un dénouement à la hauteur des attentes. C’est rédigé avec beaucoup de raffinement et de sensibilité. On est transporté par cette amitié, ces liens fraternels d’une profondeur inouïe qui unissent les deux jeunes femmes.

Émouvant et poignant, ce roman dresse de magnifiques portraits de femme, prenant également soin d’offrir une conclusion inattendue et bouleversante à l’égard de la mère d’Aurelia, l’un des points forts du dénouement.

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥