L’appel du Coucou [Robert Galbraith / J.K Rowling]

18741557Une nuit d’hiver, dans un quartier chic de Londres, le célèbre mannequin Lula Landry est trouvée morte, défenestrée. Suicide. Affaire classée. Jusqu’au jour où l’avocat John Briscow, frère de la victime, frappe à la porte du détective privé Cormoran Strike. Strike est au bout du rouleau : ex-lieutenant dans l’armée, il a perdu une jambe en Afghanistan, sa carrière de détective est au point mort et sa vie privée un naufrage.
Aidé par une jeune recrue intérimaire virtuose de l’Internet, Strike est chargé d’enquêter sur la mort de Lula. De boîtes de nuit branchées en hôtels pour rock-stars assaillies par les paparazzi, en passant par un centre de désintoxication et le manoir où se meurt la mère adoptive de Lula, Strike va passer de l’autre côté du miroir glamour de la mode, dont les reflets chatoyants dissimulent un gouffre de secrets, de trahisons, de manœuvres inspirées par la vengeance.
Avis 4e de couverture : Avec son intrigue haletante et sa galerie de personnages plus vrais que nature, L’Appel du coucou, premier volet des aventures du détective Strike, s’inscrit dans la tradition du grand roman policier classique illustrée par Ruth Rendell et P.D. James.

Ce que j’en ai pensé : Rédigé sous un nom d’emprunt, le roman L’appel du Coucou est en réalité l’œuvre de la célèbre et talentueuse J.K Rowling, la « maman » d’Harry Potter. Ayant entendu des critiques dithyrambiques sur ce polar, j’avais bien l’intention de découvrir par moi-même si elle pouvait nous épater en dehors de l’univers magique du sorcier le plus connu au monde.

Avant toute chose, il ne faut pas avoir peur des « pavés » car ce livre fait 572 pages — un petit marathon livresque à relever ! Pour être tout à fait honnête, je n’ai pas été vraiment emballée par ce récit, même s’il recèle de nombreux atouts.

Il faut bien reconnaître que le style narratif et la qualité de l’écriture sont au rendez-vous. Malgré des longueurs (à prévoir compte tenu du nombre de pages), l’intrigue est bien ficelée et le dénouement ne déçoit pas du tout. J’ai trouvé que l’auteure a particulièrement bien soigné les révélations finales autour du meurtrier et du mobile.

Toutefois, je n’ai pas été particulièrement tenu en haleine. Même si c’est une auteure de grand talent, je crois qu’il n’y aura qu’une seule et unique Agatha Christie dans le monde littéraire. D’ailleurs, le personnage principal, le détective privé Cormoran Strike manque d’un « je ne sais quoi » pour incarner un véritable détective charismatique. Certes il possède un passé très sombre, triste et émouvant qui peut susciter la compassion du lecteur, mais cela penche le plus souvent du côté pathos, que du côté inspirant. De par sa carrure, il est souvent décrit comme une bête. On est bien loin de l’image fringante d’un Hercule Poirot. Par conséquent, je n’ai pas été vraiment convaincue par ce personnage.

De manière globale, ce livre est divertissant et offre une enquête crédible, mais l’enquête ne m’a pas passionné outre mesure. Le suspense n’était pas palpable comme il peut l’être parfois dans des histoires policières. Je crois que mes attentes étaient un peu trop grandes, ce qui m’a fait comprendre la raison pour laquelle J.K Rowling a probablement préféré publier cette histoire sous un pseudonyme — éviter que le lecteur nourrisse de trop grandes attentes en raison de son succès phénoménal avec la saga Potter et tester la réaction du public sans a priori. Sauf que j’ai lu ce livre bien après sa parution originale, je n’ai donc pas eu le loisir de lire ce roman dans l’ignorance de l’identité réelle de Robert Galbraith.

Ma note : ♥ ♥ (=J’ai bien aimé mais sans plus)

Célébutantes [Amanda Goldberg et Ruthanna Hopper]

Célébutante est la contraction de « célébrité » et « débutante ». Ce terme désigne une femme issue d’une famille riche et célèbre et dont le style de vie et l’allure suscitent l’intérêt des médias.

Changement radical de thème avec une plongée dans le glamour et les paillettes de Hollywood. Ce qui est intéressant avec ce roman est le point de vue adopté — « une fille de ». Naître dans une famille renommée et constamment sous le feu des projecteurs peut certes offrir un certain nombre d’avantages, mais le mal-être et l’absence de but dans la vie qui découlent d’un quotidien superficiel et de relations parfois hypocrites peuvent se révéler destructeurs pour ces jeunes qui ont pour seule carte de visite un patronyme célébrissime. Peut-on réellement exister et s’épanouir dans l’ombre d’un parent à la réussite aussi exceptionnelle que publique ?

L’histoire : Une semaine avant la cérémonie des Oscars — Lola Santisi est une jeune femme de 26 ans dont la mère est un ancien top model et le père un immense réalisateur de Hollywood en lice pour décrocher une statuette en or. Elle consulte régulièrement un psy pour tenter de résoudre deux gros problèmes qui lui gâchent la vie — d’une part, elle est accroc aux acteurs, des relations amoureuses qui ont tendance à lui miner son estime personnelle et à lui briser le cœur ; et d’autre part, elle souffre du syndrome chronique de la nullitude lié à un déficit de carrière aggravé, une condition très fréquente chez les enfants de « pipoles ».

Entre un ex-petit-ami, Smith, qu’elle n’arrive pas à oublier et ses efforts pour lancer une carrière d’ambassadrice de mode en faveur de Julian Tennant, son meilleur ami gay créateur de robes haute couture, Lola se démène comme une lionne en cette semaine précédant la cérémonie des Oscars pour mettre de l’ordre dans sa vie et ses amours, mais surtout, pour trouver une actrice de premier plan qui acceptera de porter une création de Julian sur le tapis rouge, la garantie d’une couverture médiatique sensationnelle pour le jeune créateur qui désespère de voir sa popularité et ses ventes enfin décoller.

Ce que j’en ai pensé : Dès les premières pages, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir les coulisses de cette jungle de Hollywood où la vie est rythmée par les mondanités et les crépitements des appareils photo. Grâce au personnage de Lola, le lecteur profite d’un accès VIP à la soirée chic de Vanity Fair où se retrouve le Tout-Hollywood. Tout au long du film, le narrateur égraine les noms des acteurs et actrices les plus célèbres, ce qui est très plaisant et drôle (comme si l’on y était !). On découvre les codes d’un monde sans pitié où il vaut mieux se trouver en haut de la chaîne alimentaire. Le saviez-vous ? Selon votre pedigree et votre popularité, votre invitation indiquera une heure d’arrivée précise. Si vous vous appelez Angelina Jolie, attendez-vous à figurer parmi les premiers arrivés, autrement rendez-vous à 23h.

Rédigé par deux filles de la balle, Amanda Goldberg (fille du producteur Leonard Goldberg) et Ruthanna Hopper (fille de Dennis Hopper), ce roman est drôle, frais et divertissant. Il est surtout crédible et offre une véritable plongée dans le monde parfois cruel de Hollywood où les projecteurs ne semblent jamais s’éteindre — un univers où exister est un combat permanent. L’histoire présente avec candeur une réalité où rêve et cauchemar vont de pair. Ce roman vous permet de « vivre » Hollywood de l’intérieur tout en vous montrant qu’il vaut mieux regarder de loin cette comédie humaine sans fin.

En définitive, j’ai passé un excellent moment de bout en bout. Lola est un personnage intéressant et attachant pour lequel on souhaite une happy end digne des meilleures histoires d’amour de Hollywood.

Ma note : ♥ ♥ ♥