Mes amis Mes amours [Marc Levy]

Quand deux pères célibataires réinventent la vie en s’installant sous un même toit, ils s’imposent deux règles, pas de baby-sitter et pas de présence féminine dans la maison… Dans le village français, au cœur de Londres, une histoire d’amitié, des histoires d’amour, les destins croisés des personnages d’une comédie drôle et tendre.

Ce que j’en ai pensé : Comme d’habitude avec les livres de Marc Levy, on s’attend à passer d’agréables instants de détente avec des moments de vie émouvants et réalistes. Ce sont des tranches de vie narrées avec simplicité et légèreté. Les personnages sont humains et touchants. On prend plaisir à suivre les péripéties dans le décor familier de Londres. C’est toujours une petite madeleine de Proust à dévorer lors d’une après-midi farniente à la plage !

Comme souvent avec les adaptations cinématographiques, la version sur grand écran diffère du roman de temps en temps.

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥

 

Les mots entre mes mains [Guinevere Glasfurd]

Résumé : Helena Jans van der Strom n’est pas une servante comme les autres. Quand elle arrive à Amsterdam pour travailler chez un libraire anglais, la jeune femme, fascinée par les mots, a appris seule à lire et à écrire. Son indépendance et sa soif de savoir trouveront des échos dans le cœur et l’esprit du philosophe René Descartes. Mais dans ce XVIIe siècle d’ombres et de lumières, leur liaison pourrait les perdre. Descartes est catholique, Helena protestante. Il est philosophe, elle est servante. Quel peut être leur avenir ?

Ce que j’en ai pensé : Je tiens à remercier les éditions Préludes de m’avoir permis de découvrir cette petite perle. Je ne m’attendais pas à me plonger dans une histoire aussi émouvante. La narration est d’une grande qualité — des tournures fluides et soignées, des rebondissements qui s’enchaînent bien et confèrent un bon rythme au récit.

Œuvre de fiction, ce roman se fonde tout de même sur une relation amoureuse avérée, quoique méconnue, entre le célébrissime philosophe français et une jeune domestique ; une situation potentiellement explosive pour l’époque. Douce et attachante, Helena incarne un personnage avant-gardiste avide de liberté. Malgré sa condition sociale, elle est captivée par les mots et l’écriture. Intelligente, elle a appris à lire et écrire, ce qui est un fait rare pour une domestique à cette époque. Elle ne cherche pas à vivre au crochet d’un homme à tout prix, faisant preuve d’une capacité de réflexion remarquable lorsqu’elle s’interroge sur la tournure de sa relation avec celui qu’elle appelle « le Monsieur ».

Parfaitement consciente de sa force intérieure, elle ne ménage pas ses efforts pour trouver sa place dans une société où la femme est loin d’être l’égale de l’homme et où les mères célibataires sont mises au ban de la société. Déterminée, elle tente de vivre de ses créations car elle se sait capable d’assumer financièrement sa fille. Cela l’amène à essuyer des refus parfois humiliants auprès des professionnels qui lui affirment sans ménagement que le problème est sa condition de femme. Si elle avait été un homme, les portes se seraient ouvertes beaucoup plus facilement pour elle. Cela ne l’empêche pas de rester actrice de sa vie. Elle n’attend pas passivement que le Monsieur revienne de ses nombreux déplacements pour prendre soin de la petite Francine. Impossible de ne pas être touchée par sa force de caractère qui est mise à rude épreuve — plusieurs malheurs viennent frapper cette femme au destin singulier.

Rangs sociaux, poids de la religion, mœurs, croyances et pratiques médicales d’un autre temps… ce roman dresse un tableau éloquent d’une époque complexe peu favorable à l’épanouissement et l’émancipation des femmes.

Je recommande vivement ce roman passionnant avec pour toile de fond la société néerlandaise du siècle d’or.

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥

Idylle one [Catherine Zivi]

Idylle One: Le meilleur des mondes n'existe pas ! par [Zivi, Catherine]Résumé : Au sein de la Confédération, la vie s’écoule calme et tranquille au rythme d’une charmante mélodie écrite par de hautes sphères soucieuses du bien-être collectif. Adèle, jeune femme chercheur, autonome et passionnée, a tout pour réussir dans cette société où le progrès technologique règne en maître. Lorsqu’Adèle rencontre Julien sur les bancs de l’Université, elle découvre un jeune homme en pleine rébellion contre l’élite de cette société dont il est lui-même issu. Si leur idylle inattendue leur permet de franchir sans trop de heurts les fossés creusés par des éducations et des milieux sociaux très différents, l’arrivée de leur unique enfant va les mener sur des sentiers ardus où chacun se bat pour défendre ses convictions et sa vision du bonheur. Leurs oppositions et leurs doutes les entraîneront au fond d’eux-mêmes et aux confins de la Confédération. Là où la vie demeure très différente…

Ce que j’en ai pensé : Idylle One est une histoire étonnante qui se déroule dans un monde dominé par les avancées technologiques, biologiques et moléculaires. Adèle et Julien vivent dans une société obsédée par les maladies et les performances intellectuelles. La Confédération est un regroupement de pays respectant des normes de sécurité très strictes. Il faut des autorisations très spéciales pour se rendre Hors-Zone. Dans un monde très aseptisé que l’auteure a pris soin de ne pas dater, les citadins doivent payer une fortune pour avoir la chance de séjourner à Idylle One, un complexe où l’on peut découvrir un cadre tropical du XXe siècle, comme un souvenir délicatement exposé dans un musée. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser au film The Island.

Soumis à une politique de l’enfant unique, les couples ont toutefois la possibilité d’améliorer les capacités intellectuelles de leur progéniture afin de leur assurer un avenir brillant au sein de l’élite. Les catégories sociales sont extrêmement marquées et sources de conflits, notamment lorsque la vision d’Adèle s’oppose à celle de sa belle-famille. Jusqu’où est-elle prête à aller pour son fils ?

C’est un roman digne d’intérêt qui présente des situations parfois anxiogènes. Le lecteur est amené à méditer sur des questions éthiques qui se posent dans le milieu des recherches génomiques. Ce roman nous invite à une réflexion sur la moralité de certaines recherches scientifiques et sur la vision du bonheur. Laisseriez-vous Dame Nature décider du potentiel de vos enfants ou seriez-vous tenté de donner un coup de pouce au destin en ayant recours aux nouvelles technologies créées par l’homme ?

Petit bémol, le roman se termine assez abruptement et je suis restée sur ma faim. Mais, je recommande tout de même ce roman.

Ma note :  ♥ ♥ ♥

L’oiseau des neiges [Tracy Rees]

4e de couverture — Janvier 1831. Aurelia Vennaway, huit ans, héritière d’une riche famille aristocratique du comté de Surrey, découvre lors d’une promenade dans les bois du domaine familial un nouveau-né bleu de froid, posé à même la neige. Malgré l’hostilité de ses parents, elle réussit à leur faire recueillir l’enfant, qu’elle baptise Amy Snow.
À ses dix-huit ans, on découvre à Aurelia une maladie qui lui laisse peu de temps à vivre. Elle décide donc de partir en voyage quelques mois. Avant de mourir, elle laisse pour Amy une série de lettres qui vont l’aider à découvrir qui elle est et lui transmettre l’héritage qui lui revient. Amy s’embarque alors pour un périple aux quatre coins de l’Angleterre, avec, à chaque étape, une énigme à résoudre.

Ce que j’en ai pensé : J’ai beaucoup aimé cette immersion au cœur de l’Angleterre victorienne, une période fascinante qui sert de toile de fond à une amitié incroyable liant Aurelia, une jeune aristocrate aussi capricieuse qu’adorable à Amy Snow, une enfant dont les origines obscures lui seront constamment reprochées. Dans cette société régie par des mentalités, des classes et des codes sociaux d’une rigidité extrême, mieux vaut « bien » naître pour avoir une chance d’exister et d’être respecté. Ce roman parvient à restituer avec aisance cette réalité de l’époque, notamment eu égard à la condition féminine. Amy Snow incarne tout ce que rejette la société bien-pensante d’une époque résolument attachée à ses rituels, ses coutumes et ses classes sociales.

J’ai été très sensible à la vision féministe du récit — des revendications mises en évidence aussi bien sous les traits d’Aurelia qui aspire à autre chose qu’un mariage arrangé, rêvant de voyages, de bals et d’amour, que sous les traits d’Ariadne Riverthorpe, un personnage excentrique et haut en couleur qui joue un rôle déterminant dans le développement personnel d’Amy Snow en lui ouvrant les yeux sur certaines choses de la vie.

La chasse au trésor sert de fil conducteur à ce roman qui reste captivant malgré quelques longueurs qui viennent parfois alourdir le rythme. On découvre la lente métamorphose d’Amy Snow au fil de ses voyages et de ses mésaventures au sein de l’aristocratie. De Londres à Twickenham en passant par Bath et York, Amy abandonne ses guenilles pour de belles toilettes qu’elle arbore à l’occasion de bals. Toutefois, elle a bien du mal à faire oublier ses origines inconnues au sein d’une société obnubilée par la lignée. Elle se retrouve bien malgré elle au centre de plusieurs scandales, faisant figure de Cendrillon de l’ère victorienne grâce à l’héritage que lui a laissé Aurelia, sa fée marraine.

Les différents indices égrainés dans les nombreuses lettres adressées à Amy contribuent à épaissir le mystère qui entoure Aurelia. Quel est donc ce lourd secret qu’elle a pris tant de soin à cacher de ses parents ? Outre le rôle de bonne fée, Aurelia s’impose comme un guide pour Amy, l’aidant depuis l’au-delà à trouver sa place et son bonheur dans une époque où les femmes ont très peu de possibilités et d’alternatives en matière de choix de vie.

Je tiens à souligner que les derniers chapitres offrent un dénouement à la hauteur des attentes. C’est rédigé avec beaucoup de raffinement et de sensibilité. On est transporté par cette amitié, ces liens fraternels d’une profondeur inouïe qui unissent les deux jeunes femmes.

Émouvant et poignant, ce roman dresse de magnifiques portraits de femme, prenant également soin d’offrir une conclusion inattendue et bouleversante à l’égard de la mère d’Aurelia, l’un des points forts du dénouement.

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥

Bridget Jones Folle de lui [Helen Fielding]

Résultats de recherche d'imagesAprès Le Journal de Bridget Jones et Bridget Jones : L’âge de raison, voici le 3e tome consacré à la plus célèbre des célibattantes britanniques. Si vous attendez la sortie du prochain film Bridget Jones Baby le mois prochain, sachez que ce nouveau film ne correspond absolument PAS à ce 3e tome Folle de lui.

Petite mise au point chronologique pour mieux comprendre les aventures de Bridget.

Publié en 2013, le roman Bridget Jones Folle de lui se déroule cinq ans après les deux films déjà sortis. Au cours de cette période, Bridget et Mark se sont mariés et ont eu deux enfants, Billy et Mabel. Fait tragique, Mark a été tué lors d’un déplacement professionnel à l’étranger, laissant Bridget dans un rôle inédit qui tranche avec la légèreté habituelle de cette saga — celui de la veuve éplorée avec deux enfants en bas âge sur les bras.

Quant au troisième film intitulé « Bridget Jones Baby » dont la sortie est prévue le 5 octobre 2016, l’action se déroule bien avant cela. Voici le synopsis :

Après avoir rompu avec Mark Darcy, Bridget se retrouve de nouveau célibataire, 40 ans passés, plus concentrée sur sa carrière et ses amis que sur sa vie amoureuse. Pour une fois, tout est sous contrôle ! Jusqu’à ce que Bridget fasse la rencontre de Jack… Puis retrouve Darcy… Puis découvre qu’elle est enceinte… Mais de qui ?

Source : Allociné

Maintenant que cela est bien clair (enfin je l’espère !), je vais pouvoir vous dire ce que j’ai pensé du roman :

Bridget Jones Folle de lui est un roman tout en finesse, bourré d’humour, mais aussi égrainé de scènes mélancoliques et poignantes qui donnent une nouvelle dimension à notre Anglaise favorite. Toujours fidèle à elle-même et à son journal intime, Bridget s’efforce de reprendre le cours de sa vie malgré la disparition tragique de Mark. On suit les hauts et les bas de son quotidien avec joie (et peine).

Encore aux prises avec son légendaire surpoids, Bridget continue de faire le yoyo (entre séances de sport et orgies alimentaires) avec sa philosophie et son humour britannique exquis. Ayant atteint le fameux « âge mur » tant redouté, Bridget craint de ne plus être dans le coup. Elle se lance alors dans le monde étrange des réseaux sociaux et se trouve même un toy boy !

Tandis qu’elle redécouvre sa sexualité avec un homme bien plus jeune qu’elle, Bridget doit également mener de front ses obligations familiales (deux jeunes enfants dans une école anglaise huppée) et les exigences professionnelles (la rédaction – plutôt difficile – d’un scénario de film). Les différents pans de sa vie et son important entourage offrent une kyrielle de situations tantôt comiques, tantôt dramatiques. Les personnages secondaires sont, au choix, piquants, hilarants, antipathiques, irritants ; des personnalités riches et variées qui offrent une base solide pour des scènes bien pensées et fidèles à l’univers Bridget.

L’auteure a réussi à nous offrir une histoire qui s’inscrit parfaitement dans l’esprit des deux premiers opus, tout en faisant évoluer Bridget vers des horizons plus sombres (la perte de son mari et l’éducation de deux enfants par elle-même) dans le cadre d’une narration légère et profonde, pétillante et émouvante, attendrissante et poignante. Un savant mélange pour un résultat parfaitement dosé.

On ne peut qu’attendre un nouveau tome des aventures de Bridget.

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥

Un bébé ? Non merci… [Emily Griffin]

La trentaine heureuse et une carrière d’éditrice réussie, Claudia mène une vie épanouissante à Manhattan aux côtés de son mari Ben, l’homme de sa vie avec qui elle partage de nombreux points communs, en particulier le désir d’une vie sans enfant. Tout bascule lorsque Ben change d’avis et commence à exprimer, de manière graduellement insistante, son souhait naissant de paternité. Ajoutons à cela des proches et des amis qui ne cessent de questionner le couple sur le moment où ils comptent devenir parents, Claudia a de plus en plus de mal à supporter les sous-entendus et les pressions. Après tout, on ne demande jamais aux parents de justifier leur désir d’avoir des enfants, pourquoi en est-il autrement pour ceux qui choisissent un style de vie différent ?

Claudia et Ben se trouvent dans une impasse dont la seule solution semble le divorce. Claudia parviendra-t-elle à oublier celui qu’elle considère comme l’homme de sa vie ? Pourra-t-elle, à 35 ans, retrouver un homme qui partage son désir de vie exclusivement à deux ?

Ce que j’en ai pensé : Ce roman aborde le sujet de la maternité, du couple et du rôle de la femme avec intelligence et subtilité. Dès les premiers chapitres, j’ai été happée par cette histoire d’amour entre Claudia et Ben, un couple fort, uni et parfaitement assorti jusqu’à ce que Ben exprime le souhait de changer radicalement cette dynamique harmonieuse. Pourront-ils surmonter cette crise profonde ?

Les personnages secondaires ne sont pas en reste. La famille de Claudia joue un rôle important puisqu’elle vient éclairer des pans de sa personnalité, notamment eu égard à son enfance peu ordinaire et à sa mère très singulière. Ses sœurs sont notamment des personnages bien développés qui incarnent un type de femme particulier, un solide mécanisme comparatif pour mieux interpréter le personnage de Claudia. L’entourage amical compte énormément dans la compréhension des personnages, en particulier Annie et Ray le couple d’amis dont Claudia et Ben sont très proches. L’annonce de l’arrivée de leur premier enfant marque le début des ennuis pour Claudia car c’est bien l’événement qui déclenche des envies de paternité chez son mari. La séparation du couple s’accompagne inévitablement d’une certaine distanciation amicale, un bouleversement profond des relations qui remet en cause la vision que Claudia a de la vie. Finira-t-elle par céder aux pressions et à faire un bébé pour reconquérir Ben et reprendre le cours de leur vie… comme avant ?

L’évolution psychologique des personnages est rédigée avec délicatesse et intelligence. Je tiens à souligner que la fin est très satisfaisante car elle ne tombe pas dans la caricature, ce que je craignais par-dessus tout.

L’auteure offre une fin crédible et émouvante à cette comédie romantique qui dose savamment moments légers et sujets graves.

Ma note : ♥ ♥ ♥