Les larmes de Cassidy [Amy Wane]

32468923Paris, 1935.
Matthew Alban-Wilson est un jeune et brillant docteur et exerce dans un hôpital parisien. Il s’intéresse tout particulièrement à une patiente dans le coma, arrivée sept ans plus tôt. Lorsque celle qu’il a prénommée Blanche se réveille miraculeusement, le docteur ne peut refréner sa curiosité. Inspiré par les travaux de sa mère, écrivaine, et de sa grand-mère, psychiatre, Matthew demande à Blanche de lui raconter son histoire. La jeune femme est en réalité Cassidy McMurray, une aristocrate irlandaise. De Clifden à Paris en passant par l’Inde, les mots de Cassidy et la plume de Matthew retracent l’histoire d’une fille de l’Eire, l’histoire d’une femme du XXe siècle. Retrouvera-t-elle sa vie d’avant ?

Ce que j’en ai pensé : Les larmes de Cassidy est un vrai roman coup de cœur. L’auteure fait preuve d’une très belle plume à la fois sensible et raffinée. Les personnages sont attachants et les rebondissements s’enchaînent à un rythme soutenu. Le roman oscille entre les moments tragiques et les instants de bonheur. Cassidy est une jeune aristocrate atypique qui a été parfaitement éduquée dans l’optique de reprendre les rênes de l’empire industriel familial. Mais, à cette époque, diriger une entreprise, a fortiori un conglomérat pesant des milliards, n’est certainement pas une prérogative des femmes. Dans cette société patriarcale, Cassidy rencontrera une kyrielle de difficultés et de drames qui l’ébranleront au plus profond d’elle-même. Aura-t-elle le courage de surmonter toutes ces épreuves du destin afin d’occuper la place dont Sullivan, son père, rêvait pour elle ?

En tant que lectrice, on se plonge avec plaisir dans cette saga où les connaissances historiques de l’auteure sont manifestes. De la verte Irlande à l’Angleterre, en passant par les États-Unis, la France et l’Inde, on embarque dans une aventure rythmée par les drames familiaux, les secrets personnels et les amours contrariées, le tout ancré dans une société régie par les mœurs de la bonne société qui sont rarement favorables à l’émancipation de la femme. La narration se caractérise par de nombreux va-et-viens temporels, mais cela n’entrave en rien la lecture — il s’agit d’un récit ambitieux couvrant un siècle d’événements !

On ne peut pas rester indifférente au destin exceptionnel et romanesque de cette aristocrate irlandaise avide de liberté, une figure pionnière profondément en avance sur son temps.

Les larmes de Cassidy est un roman dépaysant, bouleversant et émouvant que je recommande mille et une fois !

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

 

La Dame des deux terres [Wendy Wallace]

1882, une jeune femme débarque en Égypte : un voyage fascinant mais terriblement dangereux…

À vingt-trois ans, Harriet Heron, gravement asthmatique depuis l’enfance, n’a quasiment jamais quitté Londres, pourtant fortement polluée par les fumées à cette époque de la révolution industrielle. Passionnée d’égyptologie, elle convainc sa mère Louisa de l’emmener à Alexandrie, afin de soigner son asthme. Sa tante Yael, vieille fille bigote, sera du voyage.
Elles rencontrent au cours de la traversée un peintre séduisant, qui s’avère être une ancienne connaissance de Louisa. Arrivée à Alexandrie, Harriet est envoûtée par les lieux – la jeune fille surprotégée commence enfin à vivre ! Elle est toutefois troublée par le mystérieux passé de sa mère, et des émeutes meurtrières viennent perturber le séjour. Harriet devra alors surmonter son handicap et triompher du danger qui la menace.

Ce que j’en ai pensé : Fort d’une couverture très soignée et attrayante, le roman La Dame des deux terres est une perle. Véritable coup de cœur de ce début de l’année, il compte parmi ses romans qui vous transportent dès les premiers chapitres. De la pollution étouffante de Londres aux paysages exotiques et ensoleillés de l’Égypte, embarquez dans ce merveilleux voyage riche en émotions !

Au travers du regard de Harriet, le lecteur vit par procuration au rythme de la vie comme elle l’était au 19e siècle pour une partie de la population relativement aisée. Les descriptions sont vivantes et captivantes, comme la partie portant sur la traversée en bateau où l’on a parfois l’impression de revoir des scènes du début du film Titanic (fort heureusement sans la fin tragique !). L’arrivée en Égypte est particulièrement bien écrite, on sentirait presque les odeurs et l’atmosphères locales, de la zone portuaire aux rues étroites peuplés d’enfants indigents.

Ce roman sait surprendre le lecteur avec des moments déchirants, à l’image de la scène tragique réunissant Harriet et M. et Mme Cox. Entre les péripéties inattendues, les secrets du passé de Louisa et la quête de liberté de Harriet, le récit est dynamique et exempt de temps morts. Le personnage de Yael, la tante célibataire, est particulièrement intéressant grâce à une personnalité complexe et une évolution scénaristique soignée.

Parmi les atouts majeurs de ce roman, on retiendra le choc des cultures (Occident/Orient) à l’époque coloniale ; la présence de thèmes centraux comme la place de la femme, le poids de la religion, l’importance des codes sociaux et de la bienséance, l’omniprésence du concept du mariage (pour les hommes comme pour les femmes).

De surcroît, je tiens à souligner l’utilisation pertinente et plaisante de termes étrangers (en arabe, en allemand), ce qui contribue à renforcer la crédibilité du récit, conjointement avec les éléments historiques. Il est évident que l’auteure a consacré du temps aux recherches — du Caire à Alexandrie, en passant par Louxor, le lecteur se plonge dans l’histoire de l’Égypte antique, notamment au travers de la passion que Harriet voue aux hiéroglyphes, une activité qui s’inscrit dans sa quête visant à commencer à vivre, tout simplement.

Offrant un voyage dans le temps et dans l’espace, ce roman est émouvant, poétique et sensible, sublimé par un style d’écriture méticuleux et élégant. Dépaysement garanti !

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

Loin de Berkley Hall [Coralie Khong-Pascaud]

Loin de Berkley Hall par [Khong-Pascaud, Coralie]Angleterre, 1911
Alors que sa sœur cadette s’apprête à faire son entrée dans la bonne société à l’occasion du bal des débutantes, Lady Catherine Davenport sème le trouble sur le domaine familial de Berkley Hall en refusant de se marier.
Éprise de liberté et de reconnaissance, Lady Catherine se rapproche de Lydia, une femme de chambre au caractère bien trempé et qui a du mal à supporter sa condition de domestique.
Ensemble, elles vont décider d’un tout autre chemin…

Ce que j’en ai pensé : « Loin de Berkley Hall » a obtenu la 2e place du concours d’écriture organisé par les éditions Charleston plus tôt cette année sur le thème Downton Abbey. Si vous êtes fan de cet univers, vous ne serez pas du tout déçu(e) par cet ouvrage très réussi.

Qu’il s’agisse de l’intrigue principale avec Lady Catherine ou des rebondissements annexes avec les personnages secondaires, on se laisse transporter avec joie dans le temps au cœur de ce domaine où cohabitent membres de l’aristocratie et simples domestiques. Les différents personnages sont dotés de personnalités riches et intéressantes. La narration est fluide, légère et rythmée.

J’ai particulièrement aimé le souci du détail de l’auteure qui nous offre des descriptions très poussées, qu’il s’agisse de l’architecture intérieure du domaine, des vêtements des personnages ou des menus des repas/festins. Cela contribue à rendre l’action encore plus vivante et crédible. On s’imagine avec beaucoup d’aisance les différentes scènes comme un film qui défile sous nos yeux au fur et à mesure que l’on tourne les pages.

En somme, j’ai été emballée par ce roman qui appelle une suite, un peu à l’image des diverses saisons de Downton Abbey ! Lady Catherine est un personnage complexe qui se prêterait facilement à cet exercice.

En attendant, je ferai durer le plaisir avec le roman Les larmes de Cassidy qui a remporté la première place du concours. Abusons donc des bonnes choses !

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥

Arrête de flâner, Cupidon ! [Lorelei Mathias]

Amélie Holden est une rédactrice publicitaire accomplie dans une importante société londonienne. Indépendante et avide de liberté, elle vit son célibat avec joie, collectionnant les aventures et déclarant ouvertement son refus du mariage. Mais, lorsque sa meilleure amie Claire lui annonce qu’elle va se marier, Amélie commence à se poser des questions sur sa vie personnelle. Ses doutes et ses incertitudes se renforceront davantage lorsqu’elle tombera par hasard sur Jack, son ex qui lui a brisé le cœur, lors d’une séance de speed-dating qu’elle doit « subir » afin d’élaborer sa prochaine campagne publicitaire pour Fast Love, une entreprise spécialisée dans la rencontre amoureuse accélérée. Amélie trouvera-t-elle le courage de pardonner à Jack ses erreurs passées ? Arrivera-t-elle à trouver des points positifs à ces rencontres chronométrées ?

Ce que j’en ai pensé : En refermant le livre, j’ai trouvé que l’histoire était certes plaisante, mais surtout banale. Le manque d’originalité fait que l’intrigue ne décolle jamais véritablement. Bien que l’écriture soit fluide et les péripéties relativement divertissantes, cela reste convenu et, au bout du compte, peu mémorable. Pourtant le speed-dating est un thème dans le vent et présente l’avantage d’offrir une perspective parfois cocasse des relations humaines. Mais, les scènes s’enchaînent, prêtent à sourire de temps à autre, sans jamais vraiment provoquer le rire ou une quelconque émotion très profonde. En conclusion, c’était une histoire sympathique mais que j’oublierai tout aussi vite.

Ma note : ♥