Une maison de rêve [Sophie Kinsella]

Une maison de rêveLiz et Jonathan ont décidé de racheter une école privée très chic mais à l’avenir incertain. Le projet ambitieux se transforme peu à peu en cauchemar pour le couple qui pensait pouvoir financer cet achat en vendant leur maison. Malheureusement, les choses ne se passent pas comme prévu et les difficultés financières s’aggravent tandis que la remise à flot de cet établissement s’avère une tâche colossale. Ajoutons à ces déconvenues les amours compliquées des trois couples principaux, les désillusions professionnelles de chacun et la responsabilité parfois lourde que représentent les enfants des couples, vous obtenez une situation susceptible d’imploser à tout moment.

Ce que j’en ai pensé : Sophie Kinsella fait partie de mes auteures favorites. Elle propose un nouveau récit où se croisent les histoires de plusieurs couples. Malheureusement, je dois avouer que cet opus m’a déçue. Pour moi, l’histoire ne décolle jamais véritablement, les intrigues sont ennuyeuses et les personnages féminins sont tellement irritants qu’on ne parvient à s’identifier à aucun d’eux. Liz entame une relation extra-conjugale et commence à se comporter comme une ado ultra-sensible et irréfléchie. Anthea est une « mère-hélicoptère » exaspérante et hautaine. Quant à Ginny, elle s’apparente à une Londonienne capricieuse qui n’attend que la gloire de son mari d’acteur pour enfin vivre la vie dont elle rêve (une vie qui, somme toute, semble très matérialiste). Alice, la fille ado de Liz et Jonathan, est en revanche intéressante. Elle traverse une période de vie difficile, s’éprend du mari de Ginny et essaie de trouver sa place dans une école où elle réalise qu’elle n’a pas suffisamment d’amis. Jonathan est un personnage qui aurait mérité d’être développé davantage car c’était bien le plus adulte et le plus responsable de tous.

En conclusion, le scénario n’est pas captivant, les personnages sont relativement insignifiants et le dénouement décevant.

Ma note : ♥

Emmène-moi au ciel [Alyson Noël]

Rien qu’en contemplant la première de couverture, on a envie d’embarquer dans cette histoire qui nous promet une aventure dans le style « Sex and the City » à 10 000 mètres d’altitude. Après un petit coup d’œil à la quatrième, la décision était prise… Bienvenue à bord !

L’histoire : Hailey Lane travaille comme hôtesse de l’air pour la compagnie aérienne Atlas. Même si son code postal fait d’elle une New-Yorkaise, Hailey est souvent loin de chez elle, toujours entre deux avions et en escale dans une destination plus ou moins lointaine. Elle est donc ravie d’apprendre que son vol est annulé et qu’elle pourra passer son anniversaire avec son petit-ami Michael, d’autant qu’elle est persuadée qu’il la demandera en mariage après avoir découvert un écrin mystérieux. Malheureusement, rien ne se déroule comme elle l’espérait. À son retour, elle découvre Michael au lit en galante compagnie. En l’espace d’une soirée, Hailey se retrouve non seulement célibataire, mais également sans logement et potentiellement sans emploi car Atlas envisage de recourir à des licenciements économiques massifs. Enchaînant les vols et les escapades amoureuses, Hailey décide également de se replonger dans l’écriture de son roman. Parviendra-t-elle à reprendre le contrôle de sa vie ? Son rêve de devenir écrivain va-t-il se concrétiser ?

Ce que j’en ai pensé : Entre Paris, Mykonos et New York, le lecteur suit avec délectation les péripéties de Hailey à travers le monde et les fuseaux horaires. C’est un personnage en pleine déroute qui se révèle attachant, touchant et plaisant. Face aux aléas de la vie, elle tente de trouver sa voie avec l’aide de ses plus proches amis aux personnalités flamboyantes — Clay, steward et meilleur ami gay, et Kat, hôtesse de l’air à la cinquantaine pimpante qui passe beaucoup de temps en Grèce. Saupoudrons le tout de plusieurs possibilités amoureuses dans des destinations de rêve, vous obtenez une histoire dynamique, distrayante et captivante.

On a le plaisir de découvrir les coulisses du quotidien (pas toujours idyllique) du personnel navigant, une profession qui fait certes fantasmer mais qui s’accompagne de son lot d’inconvénients. On apprécie fortement les quelques anecdotes croustillantes révélatrices de la nature humaine. Une fois la lecture achevée, vous porterez un regard nouveau et bienveillant sur ces hommes et ces femmes chargés de votre sécurité et de votre bien-être. Témoins des incivilités les plus outrancières, ils méritent beaucoup de respect pour le sang-froid dont ils doivent faire preuve en toutes circonstances malgré des conditions de travail difficiles !

C’est une comédie romantique réussie qui inspirera quiconque à poursuivre ses rêves.

Ma note : ♥ ♥ ♥

(Presque) jeune, (presque) jolie, (de nouveau) célibataire [Stéphanie Pelerin]

Professeure de lettres dans un établissement parisien, Ivana est une trentenaire bourrée de complexes qui a bien du mal à se remettre de sa récente rupture avec Baptiste qui l’a plantée du jour au lendemain. Elle tente de reprendre le contrôle de sa vie et d’améliorer son estime personnelle en se mettant au sport (idéal pour retrouver la ligne) et en enchaînant les aventures d’un soir (pas toujours évident à gérer pour une femme dans notre société). En effet, bien qu’elle soit fière de pouvoir vivre sa vie de femme libérée et indépendante, elle redoute particulièrement l’image renvoyée par la société. Le chemin est long et semé d’embûches, notamment lorsqu’elle se lance dans le monde (pas très merveilleux) des sites de rencontre peuplés de personnages adeptes de l’embellissement de la vérité. Ivana parviendra-t-elle à trouver l’oiseau rare sur Internet ? Quittera-t-elle Paris pour revenir dans son Nice natal et repartir de zéro ? S’acceptera-t-elle malgré ses défauts ?

Ce que j’en ai pensé : Je dois dire que ce roman m’a bien plu. Pas très long (environ 200 pages), il se lit assez rapidement mais le contenu n’en est pas moins qualitatif. À mi-chemin entre Bridget Jones et Sex and the City, ce roman au titre à rallonge nous plonge dans le monde pas toujours très tendre du célibat (non désiré) et des rencontres en ligne.

J’avoue que le personnage d’Ivana peut, à certains moments, irriter en raison de ses quelques scènes d’auto-apitoiement excessif, mais cela n’empêche pas de s’attacher à ce personnage malmené par la gent masculine. Désireuse de vivre une sexualité épanouissante, Ivana doit dans le même temps gérer les pressions sociales qui sont loin de répondre aux critères de la parité quand il s’agit des questions de célibat et de rencontres amoureuses. Cela est particulièrement évident dans la scène où Ivana surprend une conversation entre ses collègues féminines à propos de son aventure d’un soir avec l’un des professeurs de sport de l’établissement. Les rumeurs courent vite dans la salle des profs ! D’ailleurs, les descriptions du monde professoral sont relativement divertissantes. Entre les clans et les ragots, il y a matière à offrir quelques scènes truculentes. C’est un changement de cadre bien plaisant.

Offrant une analyse intéressante des évolutions de notre société quant à la recherche de l’amour, on partage les doutes d’Ivana tandis qu’elle tente d’assumer ses choix amoureux et sexuels dans une société qui est encore encline à juger les femmes plus durement que les hommes sur ces questions.

Un roman léger, pétillant et agréable, idéal sur la plage avec un mojito à portée de main !

Ma note : ♥ ♥ ♥

Je vous aime [Catherine Siguret]

Entre le titre prometteur « Je vous aime » et la couverture rose bonbon, je me suis dit que je tombais sur une histoire d’amour bien guimauve qui ferait rêver la romantique en moi ! En plus, le résumé lâche les mots clés gagnants : « coup de foudre », « bonheur » et « passion amoureuse ». Bingo ! Ce ne pouvait être qu’une histoire sucrée et gourmande dans laquelle se plonger avec délectation.

L’histoire : Alice exerce le métier de « nègre », un terme peu valorisant pour celle qui consacre son temps à rédiger l’autobiographie des stars et vedettes en manque névrotique de couverture médiatique. Tout bascule lors d’un événement littéraire où elle a le coup de foudre pour un célébrissime écrivain milliardaire, Philippe Musil. Totalement sous le charme de cet homme charismatique et séducteur, Alice voit sa vie profondément bouleversée. Elle n’a plus goût à travailler, ses pensées étant exclusivement dirigées vers cet homme qui l’hypnotise et l’obsède. Alice en vient même à dévorer toute sa bibliographie, en arrivant à la conclusion qu’elle est la femme de sa vie ! Elle tente de reprendre contact par e-mail et se retrouve à attendre désespérément que ce Philippe lui réponde. Cette histoire peut-être se muer en véritable histoire d’amour ?

Ce que j’en ai pensé : Le résumé promettait une histoire romantique, légère et plaisante. Malheureusement, j’ai été rapidement décontenancée par le style de narration auquel je n’ai pas réussi à adhérer. J’aurais certainement préféré une narration par le « je », un accès direct à l’esprit d’Alice, sans aucun intermédiaire, d’autant qu’il est question de l’expérience du coup de foudre : quoi de plus personnel ?  Cela aurait été plus facile pour moi de comprendre le personnage d’Alice.  Cela dit, je pense que ce choix de narration s’est révélé aussi problématique car il s’est couplé à un style d’écriture particulier. Si celui-ci avait été plus simple et léger, mon avis aurait pu être différent. J’ai trouvé que les tournures et formulations étaient trop souvent alambiquées, longuissimes et confuses. Ce style très recherché était, à mon sens, peu adapté au contexte et à la nature du roman.

Par ailleurs, j’ai eu beaucoup de mal à m’identifier au personnage d’Alice qui perd totalement pied en tombant éperdument amoureuse d’un homme qu’elle ne connaît pas. Elle n’hésite pas à mettre en danger sa carrière (et sa santé mentale accessoirement) pour un homme qui s’affiche avec de multiples conquêtes en une des magazines people et qui a l’audace de lui envoyer en guise de réponse à son e-mail un simple « Alors ? » à la limite de l’insulte. Il a toutes les femmes à ses pieds et cela se ressent dans sa manière de lui répondre. Comment peut-elle avoir réellement envie de revoir cet homme certes riche et célèbre, mais peu enclin à faire preuve de ses compétences d’écrivain dans sa correspondance privée ?

Vous l’aurez compris, j’ai été déçue par ce roman sur le fond comme sur la forme. Cela arrive ! On ne peut pas tout trouver chouette et on ne peut pas plaire à tout le monde.

Je ne doute pas que ce livre puisse trouver son public. Je n’en fais simplement pas partie.

Ma note : ♥

Journal de Mia (tome 1) de Meg Cabot

Journal de Mia - Tome 1 - La grande nouvelle

Le journal de Mia tome 1 : la grande nouvelle marque le début des aventures princières de Mia Thermopolis, une jeune new-yorkaise de quatorze ans qui découvre que son père est le prince héritier de Genovia, un petit pays coincé entre la France et l’Italie et dont personne n’a jamais entendu parler. Jeune ado complexée et un brin rebelle, Mia ne sent pas le moins du monde apte à ce rôle, d’autant que sa vie est suffisamment compliquée comme cela, entre ses disputes avec Lilly, sa meilleure amie à l’âme militante et sa mère fantasque qui commence une relation amoureuse avec son prof de math du collège, sans oublier ses amours inexistantes qu’elle attribue à son manque cruel d’atouts féminins. Il ne manquait plus que débarque sa grand-mère pour lui donner des « leçons de princesse » qui ne l’enchantent guère.

Ce que j’en ai pensé : Principalement destiné à un public adolescent, ce roman est drôle et attendrissant dans la façon d’aborder les problèmes courants chez les adolescentes, le tout saupoudré d’un peu de magie royale. Il s’agit en réalité d’une réédition puisque ce roman est sorti en 2000 sous le titre de Journal d’une princesse. Il a d’ailleurs été adapté avec succès au cinéma dans Princesse malgré elle avec Anne Hathaway. Toutefois, le livre et le film divergent parfois de manière assez importante. Par exemple, le livre présente une grand-mère princesse douairière intransigeante, autoritaire et hautaine tandis que le film a préféré une Julie Andrews sympathique et chaleureuse.

J’ai eu beaucoup de plaisir à me replonger dans une histoire que j’avais découverte à l’adolescence. On remarque que le texte a été remanié pour incorporer des références plus récentes comme Kate Middleton. Cette nouvelle parution en date du 29 juin 2016 permet ainsi à la nouvelle génération de découvrir cette aventure romanesque et princière remise au goût du jour avec succès.

Ma note : ♥ ♥ ♥

 

L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes [Karine Lambert]

Lors d’une récente visite à la Fnac, j’ai vu ce roman en tête de gondole et il ne restait plus qu’une poignée d’exemplaires. Un tel succès m’a forcément intriguée. Le livre n’est pas bien épais, mais le titre suscite la curiosité. Dans un monde où le couple est la norme, mais où le taux de séparation est plus élevé que jamais, on peut logiquement se demander si un tel livre n’offrirait pas quelques petites pépites en matière d’analyse sociale.

L’histoire : Dans un quartier de Paris, un immeuble est réputé pour ne compter que des résidentes : cinq femmes de différentes générations et d’horizons variés. Les hommes ont été bannis de leur cœur et de leur vie quotidienne. Ils sont tout simplement persona non grata (même le plombier doit être une femme pour avoir l’autorisation de franchir le seuil !) — une règle qui intrigue le voisinage et invite aux commérages. Juliette, une nouvelle locataire, vient porter un regard extérieur sur cette petite ruche dominée par une mystérieuse reine, la propriétaire de l’immeuble qui occupe le dernier étage. Quel mystère se cache derrière ce règlement ? Quelles sont les histoires personnelles de chacune des locataires ?

Ce que j’en ai pensé : Ce roman est à la fois grave et drôle, mêlant appel à l’espoir et désenchantement vis-à-vis de l’amour. Il propose un fin décryptage de l’âme féminine, entre peines de cœur, accidents de la vie et questions existentielles. Il apporte un nouvel éclairage sur un fait pourtant évident dans notre société depuis belle lurette : les relations homme-femme sont tout sauf simples et parfois, elles peuvent même briser des vies. Le manque de compréhension, les personnalités incompatibles, les faiblesses personnelles — la vie n’est pas un long fleuve tranquille et c’est à chacun d’en déterminer le cap en fonction des intempéries. Juliette se laissera-t-elle influencer par ses voisines ? Cette ruche peut-elle perdurer ?

Cette histoire est une jolie ode à la vie, à l’amour et à l’amitié. On peut analyser les différents parcours de vie des héroïnes, comprendre leurs choix parfois drastiques et ainsi procéder à sa propre introspection. Après tout, les romans sont une sorte de miroir de la vie réelle, un moyen de comprendre la vie selon un autre angle.

Certaines études affirment que la lecture de fictions renforce les capacités d’empathie des personnes. Toutefois, nul besoin d’être un scientifique confirmé, vous serez forcément ému(e) en tournant la dernière page.

Ma note : ♥ ♥ ♥