Le souffle des feuilles et des promesses [Sarah McCoy]

Hallie Erminie, issue d’une famille de planteurs du Kentucky, est une jeune femme de caractère. À New York, où elle s’est mis en tête de trouver un éditeur qui publierait son premier roman, elle fait la connaissance de Post Wheeler, un journaliste célibataire et fier de l’être. Sous des abords arrogants et rustres, il est en fait d’une compagnie agréable.

Tous deux discutent à bâtons rompus de la vie culturelle new-yorkaise, bouillonnante en cette fin de xixe siècle, et s’attachent l’un à l’autre sans oser se l’avouer. Malheureusement, quand Post part pour l’Alaska du jour au lendemain, la possibilité d’une histoire d’amour s’évanouit.

Commence alors un chassé-croisé, des États-Unis à l’Italie en passant par l’Angleterre et la France. À chacune de leurs rencontres, les sentiments des deux jeunes gens ne font que croître. Le destin les réunira-t-il enfin ?

Sarah McCoy vit au Texas, où elle donne des cours d’écriture à l’université, tout en se consacrant à ses romans. Après l’immense succès d’Un goût de cannelle et d’espoir et d’Un parfum d’encre et de libertéLe Souffle des feuilles et des promesses est son troisième ouvrage publié en France.

Ce que j’en ai pensé : C’est le premier roman que je lis de l’auteure Sarah McCoy et j’ai été agréablement surprise. Il réunit tous les ingrédients d’une fresque romanesque et bouleversante. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai appris à la fin du roman (dans la partie Remerciements) que les personnages principaux (Hallie et Wheeler) avaient bel et bien existé !

Les deux héros mènent une vie absolument captivante et extraordinaire, marquée par de nombreux voyages à travers le monde, des succès professionnels et une véritable histoire d’amour. On prend beaucoup de plaisir à les suivre dans leurs incroyables aventures, que ce soit en Alaska à la recherche d’or pour Wheeler ou à travers l’Europe pendant l’un des périples de Hallie (entre bals royaux en Angleterre et batifolages sur la Côte d’Azur).

Certes, au début, il m’a fallu quelques chapitres pour bien rentrer dans le récit, mais une fois lancée, j’étais séduite par ces deux destins hors du commun. Romancière à succès, Hallie est une femme indépendante à fort caractère, très en avance sur son époque (le récit se déroule à la fin du 19e et au début du 20e siècle), en particulier eu égard à ses origines sudistes, une région réputée pour son conservatisme. Ses romans subversifs, parfois sources de scandales, lui permettent de se faire un nom dans le monde de la littérature américaine, mais également de rencontrer des grands noms de l’histoire comme le Président Roosevelt ou bien l’écrivain Mark Twain ! Hallie est une héroïne inspirante et attachante que la lectrice ne peut qu’apprécier à sa juste valeur.

Par ailleurs, je tiens à souligner le contexte historique qui offre une fascinante toile de fond au roman. On remarque sans difficulté l’important travail de recherche effectué par l’auteure. Très fouillé, ce roman nous embarque dans un voyage dans le temps fort sympathique.

Petit bémol : je trouve le titre original « Proof of Providence » beaucoup plus parlant que la traduction française (Le souffle des feuilles et des promesses) certes très poétique, mais franchement plus énigmatique. En effet, dès leur rencontre, Hallie et Wheeler réalisent qu’ils ne partagent pas la même vision de la vie sur un point ; Hallie ayant foi en la providence (et croyant aux signes du destin) et Wheeler étant beaucoup plus pragmatique. Le titre anglais est donc une référence directe à un thème qui oppose les deux héros dès leur première rencontre — un fil rouge qui se maintiendra jusqu’au dénouement du roman.

Je recommande vivement ce roman si vous avez besoin d’évasion et de romantisme.

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ (=Coup de cœur)

Adèle et les noces de la Reine Margot [Silène Edgar]

24947944Adèle doit lire La Reine Margot pour l’école. Et dans ses rêves chaque nuit, elle va vivre à la Renaissance…

Adèle a 13 ans. Elle est perdue depuis le décès de sa grand-mère six mois plus tôt. Ses parents ont toujours été très pris par leur carrière et ne comprennent plus rien à leur fille, en pleine crise d’adolescence.

À l’école, Adèle est une élève moyenne, plus intéressée par les histoires avec les garçons que par le livre qu’elle va devoir pendant les vacances : La Reine Margot, d’Alexandre Dumas.
Préférant l’imaginaire à la réalité, Adèle se met à rêver la nuit qu’elle est un personnage du roman. Elle rencontre au cours de ses rêves le beau Samuel, dont elle tombe amoureuse.
Elle va assister au mariage de Margot, danser pendant les noces, constater les problèmes entre Catholiques et Protestants…

Mais Adèle commence à perdre pied. Ce qu’elle vit dans ses rêves est tellement plus intense que son quotidien qu’elle n’a plus très envie de se réveiller…

Ce que j’en ai pensé : Quel roman jeunesse captivant ! Il réunit tous les ingrédients avec, en bonus, ce petit grain de folie qui le démarque des autres : l’adolescente en souffrance qui est incomprise par sa famille et ses amis ; l’univers impitoyable de l’école ; les difficultés de l’adolescence et le traitement délicat de la mort d’un proche… le tout saupoudré par une touche de magie sous la forme d’un livre aux pouvoirs insoupçonnés !

L’héroïne se découvre une capacité incroyable : vivre dans ses rêves les aventures qu’elle lit dans ce livre intriguant qui se déroule au 16e siècle. Parviendra-t-elle à sauver ce mystérieux et séduisant Samuel ? Peut-elle convaincre l’illustre médecin Ambroise Paré d’appliquer de nouvelles méthodes d’opération ? Adèle apprend une quantité époustouflante d’informations sur cette époque lointaine de la manière la plus interactive qui soit — en les vivant elle-même ! En se plongeant dans ce roman, elle s’intéresse non seulement à l’histoire, à langue française mais également aux mœurs, à la religion et à la médecine. Ce soudain intérêt pour des sujets aussi variés étonne de plus en plus ces parents…

Le choc des époques, des cultures et des langues est parfaitement bien raconté. C’est très abordable pour une public jeune, mais très riche d’enseignements tant sur le plan historique que sur le plan émotionnel au travers des difficultés d’Adèle. On se prend rapidement d’affection pour cette jeune adolescente qui se sent oubliée par ses parents trop distants et accaparés par leur profession. La benjamine se sent délaissée et ne sait pas comment surmonter la perte de sa tendre et bien-aimée grand-mère. Parviendra-t-elle à renouer les liens avec sa mère ?

En plus de découvrir le goût de la lecture à travers ce roman historique, Adèle peut-elle trouver la solution à ces problèmes familiaux dans la vraie vie ?

Je recommande vivement ce roman qui est très divertissant, instructif, tantôt drôle tantôt émouvant, et par-dessus tout… original ! Il me tarde de découvrir d’autres titres de la même auteure.

Un bel hymne aux nombreuses vertus de la lecture !

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥

 

Les larmes de Cassidy [Amy Wane]

32468923Paris, 1935.
Matthew Alban-Wilson est un jeune et brillant docteur et exerce dans un hôpital parisien. Il s’intéresse tout particulièrement à une patiente dans le coma, arrivée sept ans plus tôt. Lorsque celle qu’il a prénommée Blanche se réveille miraculeusement, le docteur ne peut refréner sa curiosité. Inspiré par les travaux de sa mère, écrivaine, et de sa grand-mère, psychiatre, Matthew demande à Blanche de lui raconter son histoire. La jeune femme est en réalité Cassidy McMurray, une aristocrate irlandaise. De Clifden à Paris en passant par l’Inde, les mots de Cassidy et la plume de Matthew retracent l’histoire d’une fille de l’Eire, l’histoire d’une femme du XXe siècle. Retrouvera-t-elle sa vie d’avant ?

Ce que j’en ai pensé : Les larmes de Cassidy est un vrai roman coup de cœur. L’auteure fait preuve d’une très belle plume à la fois sensible et raffinée. Les personnages sont attachants et les rebondissements s’enchaînent à un rythme soutenu. Le roman oscille entre les moments tragiques et les instants de bonheur. Cassidy est une jeune aristocrate atypique qui a été parfaitement éduquée dans l’optique de reprendre les rênes de l’empire industriel familial. Mais, à cette époque, diriger une entreprise, a fortiori un conglomérat pesant des milliards, n’est certainement pas une prérogative des femmes. Dans cette société patriarcale, Cassidy rencontrera une kyrielle de difficultés et de drames qui l’ébranleront au plus profond d’elle-même. Aura-t-elle le courage de surmonter toutes ces épreuves du destin afin d’occuper la place dont Sullivan, son père, rêvait pour elle ?

En tant que lectrice, on se plonge avec plaisir dans cette saga où les connaissances historiques de l’auteure sont manifestes. De la verte Irlande à l’Angleterre, en passant par les États-Unis, la France et l’Inde, on embarque dans une aventure rythmée par les drames familiaux, les secrets personnels et les amours contrariées, le tout ancré dans une société régie par les mœurs de la bonne société qui sont rarement favorables à l’émancipation de la femme. La narration se caractérise par de nombreux va-et-viens temporels, mais cela n’entrave en rien la lecture — il s’agit d’un récit ambitieux couvrant un siècle d’événements !

On ne peut pas rester indifférente au destin exceptionnel et romanesque de cette aristocrate irlandaise avide de liberté, une figure pionnière profondément en avance sur son temps.

Les larmes de Cassidy est un roman dépaysant, bouleversant et émouvant que je recommande mille et une fois !

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

 

Les sœurs Grimm : Drôles de suspects [Michael Buckley]

Fini les vacances et les courses-poursuites avec des géants : Daphné et Sabrina Grimm doivent maintenant aller à l’école de Port-Ferries. Dès le premier jour, Daphné devient la préférée de Blanche-Neige, sa maîtresse. Alors que sa sœur s’amuse comme jamais, cette rentrée est un vrai cauchemar pour Sabrina. Et quand le corps de son professeur est retrouvé suspendu dans une immense toile d’araignée, elle comprend que l’école a un sérieux problème avec ses élèves de Findétemps. Les enfants des créatures de contes de fée ont-ils un rapport avec ce crime ? Les soeurs Grimm mènent l’enquête…

Ce que j’en ai pensé : Envie de magie et de dépaysement dans la veine de la série américaine Once upon a time ? Alors je vous conseille Les sœurs Grimm, un roman jeunesse réussi qui se décline en trois tomes (Détectives de contes de fées, Drôles de suspects et Le petit chaperon louche).

Certes destinée en priorité à un public plus jeune, cette trilogie offre tout de même un niveau de lecture qui interpellera les adultes qui ont conservé leur âme d’enfant. De l’éclatement de la cellule familiale aux difficultés à l’école, ce roman aborde des thèmes graves à travers de jeunes héroïnes au destin exceptionnel. Ce roman fourmille de personnages fabuleux sortis des contes de fées, voire des cauchemars. Les Findétemps sont des créatures incroyables dotées de pouvoirs magiques dont ils ne font pas toujours usage à bon escient. Sabrina, la plus âgée des sœurs Grimm, leur reproche souvent d’utiliser leur magie quand cela les arrange, notamment pour effacer la mémoire des habitants de Port-Ferries dès que les événements prennent une tournure qui les dérange.

Ancrée dans une ville hors du temps (Port-Ferries) à l’image de Storybrooke dans Once upon a time, l’histoire est rythmée, drôle et poignante, peuplée de créatures exceptionnelles et de personnages plus connus comme Blanche-Neige et le prince Charmant. Mais, oubliez les contes d’origine, Les Sœurs Grimm revisite les classiques avec panache et n’hésite pas à faire de Charmant un personnage fort désagréable.

La psychologie des deux petites filles est bien traitée, en particulier eu égard aux relations difficiles à l’école ou bien encore à la disparition inexpliquée de leurs parents, ce qui a des conséquences terribles sur leur quotidien (placement en familles d’accueil, etc.). Je souligne que ce deuxième tome se termine sur un événement de type cliffhanger assez angoissant. Le petit chaperon rouge semble sortir tout droit d’un film de Kubrick !

Les Sœurs Grimm : Drôles de suspects est un roman merveilleux, divertissant et pétillant pour les petits comme les grands !

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥

Un Noël sans fin [Kristen Rivers]

Un noël sans fin par [Rivers, Kristen]Nous avons tous connu de mauvaises journées, de celles qui semblent ne jamais vouloir se terminer. Que se passerait-il si, par un malheureux hasard, elles ne connaissaient plus de fin ?

Luka, véritable grinch en talons aiguilles, déteste tout ce qui se rapporte à Noël. Elle est allergique aux sapins, le renne au nez rouge lui donne des sueurs froides, et les gâteaux à la cannelle, des brûlures d’estomac. Les fêtes de fin d’année, elle les supprimerait sans hésiter du calendrier. Le vingt-quatre décembre est la journée qu’elle exècre le plus, et si elle le pouvait, elle la passerait volontiers cachée sous la couette. Mais que faire quand ce réveillon fatidique décide soudainement de devenir interminable ? L’arrivée du beau Klaus, aussi attrayant que mystérieux, parviendra-t-elle à conjurer le sort ?

Ce que j’en ai pensé : Quelle magnifique surprise pour conclure en beauté mon défi de lecture de Noël pour l’année 2016 ! S’inspirant du célèbre film Un jour sans fin, le roman Un Noël sans fin a pour toile de fond le cadre enchanteur de Strasbourg et de ses marchés de Noël, le tout saupoudré d’une touche magique de Charles Dickens avec son fameux Conte de Noël. Une recette qui fonctionne à merveille.

Luka est un personnage tout aussi attachant qu’odieux. Elle me faisait souvent penser au personnage incarné par Camille Cottin dans la série Connasse de Canal+ — une fille qui dit tout ce qu’elle pense sans filtre et qui ne se rend pas compte des conséquences sur les sentiments des gens autour. Drôles et touchantes, les péripéties qui rythment ce récit sont bien ficelées, divertissantes et crédibles (même l’épisode avec la tzigane !). On se prend au jeu de ce scénario feel-good qui tient en haleine jusqu’au bout et réchauffe le cœur ; le style d’écriture est léger et agréable, les rebondissements tantôt hilarants, tantôt poignants.

Un Noël sans fin est un roman festif réussi d’une auteure francophone qui maîtrise tous les codes du divertissement à l’américaine.

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥

Coup de foudre sous la neige [Sarah Morgan et Kate Hoffman]

Coup de foudre sous la neige : 2 romans (&H) par [Morgan, Sarah, Hoffmann, Kate]

Publié chez Harlequin, cet ouvrage réunit deux romans où se mêlent romance et magie de Noël, une combinaison idéale en cette saison !

Roman n° 1 — Un Noël dans ses bras, Sarah Morgan
Evie n’avait pas prévu de mettre son patron sur sa liste au Père Noël : le prince charmant milliardaire qui embrasse la femme de chambre, il y a longtemps que ça ne se fait plus, si ? Mais quand un paparazzi les photographie ensemble et qu’Evie se retrouve au bras de son irrésistible patron à jouer la comédie des fiançailles sous le sapin, elle se met à rêver du plus beau des cadeaux : l’amour…

Une romance façon « Coup de foudre à Manhattan ».

Ce que j’en ai pensé : La référence d’Amazon au film mettant en vedette Jennifer Lopez est particulièrement bien vue. Ce roman à l’eau de rose réunit tous les ingrédients de la comédie romantique et (un chouïa) érotique : c’est léger et pétillant, quoique cousu de fil blanc. On se laisse porter par cette histoire d’amour entre deux personnages issus de deux mondes différents. Prévisible mais divertissant.

Ma note : ♥ ♥


Roman n° 2 — Noël en Alaska, Kate Hoffmann
Pendant ce temps, Julia, elle, a décidé que l’amour, Noël et autres illusions, on ne l’y prendrait plus. Mais Sam, son fils de huit ans, veut sa part de magie : il se lance, tout seul, à la recherche du Père Noël, et se cache dans un petit avion en partance pour le Grand Nord… Un coup de fil furieux prévient Julia : à l’autre bout de la ligne, le pilote — il vient de trouver Sam et somme Julia de venir immédiatement récupérer son fils…

Un très joli conte de Noël entre deux personnages que tout oppose.

Ce que j’en ai pensé : Ma préférence va sans hésitation à cette deuxième histoire digne d’être adaptée en téléfilm de Noël comme ceux que l’on aime voir sur TF1 en cette période. Une histoire d’amour inattendue dans un décor magique tout ce qu’il y a de plus « Noël-esque ». Pas de scène de sexe graphique, mais des descriptions subtiles et « fleur bleue », ce qui était un choix pertinent compte tenu de l’ambiance générale. Une romance familiale qui vous fera fondre !

Ma note : ♥ ♥ ♥

Les mots entre mes mains [Guinevere Glasfurd]

Résumé : Helena Jans van der Strom n’est pas une servante comme les autres. Quand elle arrive à Amsterdam pour travailler chez un libraire anglais, la jeune femme, fascinée par les mots, a appris seule à lire et à écrire. Son indépendance et sa soif de savoir trouveront des échos dans le cœur et l’esprit du philosophe René Descartes. Mais dans ce XVIIe siècle d’ombres et de lumières, leur liaison pourrait les perdre. Descartes est catholique, Helena protestante. Il est philosophe, elle est servante. Quel peut être leur avenir ?

Ce que j’en ai pensé : Je tiens à remercier les éditions Préludes de m’avoir permis de découvrir cette petite perle. Je ne m’attendais pas à me plonger dans une histoire aussi émouvante. La narration est d’une grande qualité — des tournures fluides et soignées, des rebondissements qui s’enchaînent bien et confèrent un bon rythme au récit.

Œuvre de fiction, ce roman se fonde tout de même sur une relation amoureuse avérée, quoique méconnue, entre le célébrissime philosophe français et une jeune domestique ; une situation potentiellement explosive pour l’époque. Douce et attachante, Helena incarne un personnage avant-gardiste avide de liberté. Malgré sa condition sociale, elle est captivée par les mots et l’écriture. Intelligente, elle a appris à lire et écrire, ce qui est un fait rare pour une domestique à cette époque. Elle ne cherche pas à vivre au crochet d’un homme à tout prix, faisant preuve d’une capacité de réflexion remarquable lorsqu’elle s’interroge sur la tournure de sa relation avec celui qu’elle appelle « le Monsieur ».

Parfaitement consciente de sa force intérieure, elle ne ménage pas ses efforts pour trouver sa place dans une société où la femme est loin d’être l’égale de l’homme et où les mères célibataires sont mises au ban de la société. Déterminée, elle tente de vivre de ses créations car elle se sait capable d’assumer financièrement sa fille. Cela l’amène à essuyer des refus parfois humiliants auprès des professionnels qui lui affirment sans ménagement que le problème est sa condition de femme. Si elle avait été un homme, les portes se seraient ouvertes beaucoup plus facilement pour elle. Cela ne l’empêche pas de rester actrice de sa vie. Elle n’attend pas passivement que le Monsieur revienne de ses nombreux déplacements pour prendre soin de la petite Francine. Impossible de ne pas être touchée par sa force de caractère qui est mise à rude épreuve — plusieurs malheurs viennent frapper cette femme au destin singulier.

Rangs sociaux, poids de la religion, mœurs, croyances et pratiques médicales d’un autre temps… ce roman dresse un tableau éloquent d’une époque complexe peu favorable à l’épanouissement et l’émancipation des femmes.

Je recommande vivement ce roman passionnant avec pour toile de fond la société néerlandaise du siècle d’or.

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥