Les lettres de Rose [Clarisse Sabard]

Les Lettres de Rose: Prix du Livre Romantique par [Sabard, Clarisse]Lola a été adoptée à l’âge de trois mois. De nos jours, à presque 30 ans, elle travaille dans le salon de thé de ses parents, en attendant de trouver enfin le métier de ses rêves : libraire. Mais sa vie va basculer lorsqu’elle apprend que sa grand-mère biologique, qui vient de décéder, lui a légué un étrange testament : une maison et son histoire dans le petit village d’Aubéry, à travers des lettres lui apprenant ses origines. Elle découvre ainsi la vie de son arrière-grand-mère Louise, de sa grand-mère Rose et de sa mère Nadège, ainsi que les dérangeantes circonstances de sa naissance. Mais tous les habitants ne voient pas d’un bon œil cette étrangère, notamment Vincent, son cousin. Et il y a également le beau Jim, qui éveille en elle plus de sentiments qu’elle ne le voudrait. Réveiller les secrets du passé lui permettra-t-elle d’avancer vers son avenir ?

Ce que j’en ai pensé : Les lettres de Rose fait partie de ces romans dont je n’ai entendu que des louanges sur les réseaux sociaux et sur les autres blogs littéraires. Comment ne pas se laisser tenter par cet ouvrage au résumé intriguant et à la couverture soignée ?

Je me suis plongée dans cette histoire avec grand plaisir. L’auteure propose une plume émouvante et délicate. On se laisse transporter par cette histoire ô combien romanesque ! L’histoire cachée de la naissance de Lola et les bouleversements qui ont rythmé la vie de sa famille biologique (en particulier ses ancêtres) relèvent d’une véritable saga familiale hors norme ! Certes, l’on pourrait arguer qu’il est relativement peu probable que, dans la « vraie vie », une grand-mère biologique prenne la peine de créer un véritable jeu de piste pour permettre à sa petite-fille de découvrir l’histoire de ses aïeuls. Toutefois, cela offre au lecteur un récit riche en rebondissements, avec des personnages dotés de fortes personnalités – un scénario très rythmé et captivant auquel je n’apporterai qu’un tout petit bémol : la présence d’un nombre de tragédies peut-être un chouïa trop important.

Lola est une héroïne attachante qui apprend à s’affirmer au fil des chapitres. J’ai beaucoup aimé le binôme amical qu’elle forme avec Tristan, son meilleur ami au caractère bien trempé. Quant aux épisodes “flashback”, le personnage tyrannique et ambitieux de Louise vaut particulièrement le détour : il s’agit probablement du personnage le plus riche et le plus complexe du roman.

De Paris à Aubéry, Lola va se plonger dans le passé pour mieux envisager l’avenir. En découvrant les membres de cette famille étonnante, Lola va se (re)découvrir et devenir actrice de sa vie, une aventure qui donne au personnage principal les moyens de ses ambitions. On peut facilement y déceler un message féministe appelant les jeunes femmes à prendre des risques et à poursuivre leurs rêves.

Les thèmes de l’adoption et de la méconnaissance de ses origines sont abordés avec délicatesse dans ce roman. Grâce au style narratif, le lecteur suit avec aisance le cheminement de Lola, ses pensées, ses réflexions et ses doutes. On se prend d’affection pour le personnage et sa quête d’identité. Dans ce décor provincial très éloigné du quotidien parisien, on se laisse dépayser et divertir par un récit émouvant et tendre.

J’ai été véritablement émue par cette histoire très bien écrite et ficelée. Je n’hésiterai pas à me plonger dans le deuxième roman de Clarisse Sabard pour renouveler l’expérience.

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ (= Véritable coup de cœur)

Les ombres de Brocéliande [Lynda Guillemaud]

Gabriel, jeune architecte parisien, apprend qu’il hérite d’un manoir en pleine forêt de Brocéliande, en Bretagne.
Au début indifférent à cette bâtisse qui lui vient de ses grands-parents, Gabriel se laisse peu à peu séduire par la maison… et par Marion, la charmante notaire qui s’occupe de la succession.
Une fois en Brocéliande, il apprend aussi à aimer cette mystérieuse forêt légendaire, tout en découvrant graduellement une histoire familiale dominée par la figure d’Eugénie, sa grand-mère paternelle.
Pourquoi Gabriel ne l’a-t-il jamais connue ?
Que sait Pauline, la vieille dame qui a accompagné Eugénie jusqu’à sa mort ?
Et pourquoi le chat d’Eugénie a-t-il si spontanément adopté le jeune homme à son arrivée ?
En cherchant des réponses à toutes ces questions, Gabriel plonge dans un passé douloureux qui lui révélera des secrets bien gardés et le mettra face à lui-même…

Ce que j’en ai pensé : Les ombres de Brocéliande est un roman très agréable à lire. Essaimé de légendes celtiques, il invite le lecteur à se plonger dans les mythes du cycle arthurien et la magie bretonne. Les personnages sont attachants et la narration fluide. L’intrigue regorge de mystères et de secrets de famille. On se prend facilement au jeu, suivant le déroulement de l’enquête menée par Gabriel et Marion, deux trentenaires qui partagent de nombreux points communs, notamment sur le plan des peines de cœur.

De la Bretagne à Paris, ce récit offre un contraste intéressant entre le rythme effréné de la capitale et le quotidien tranquille au cœur de la célèbre forêt.

De manière générale, c’est un roman divertissant et rythmé, qui se lit facilement et offre un bon moment de détente.

Toutefois, j’ai quand même quelques réserves sur deux rebondissements (ATTENTION, SPOILERS) :

En premier lieu, les amours contrariées entre Alice et Jean à Paris. Leur rencontre relève de la pure coïncidence. Ce n’est pas inconcevable, certes, mais j’ai trouvé que cette relation entre deux personnages qui ignorent leur lien de parenté, était un peu étrange.

Enfin, l’histoire de la fille d’Eugénie. Partons du principe qu’un soldat des années 1950 puisse réellement partir en mission en Centrafrique avec un nourrisson (avec une gouvernante ? peut-être…), il relève de la plus grande des coïncidences que, après le décès du père, l’enfant soit finalement adoptée par un couple vivant dans la ville natale de l’enfant.

Ces événements contribuent effectivement à faire progresser le récit et à réunir les personnages principaux. Ils n’entravent en rien le caractère divertissant du roman, mais c’est assez surprenant.

Brocéliande exerce peut-être une force puissante sur ses habitants ?

Quoi qu’il en soit, je suis contente d’avoir eu la possibilité de découvrir ce roman. Il m’a beaucoup plu et je pense qu’il suscitera l’intérêt des amateurs des fées, du merveilleux et des fins heureuses.

Ma note : ♥ ♥ ♥

L’oiseau des neiges [Tracy Rees]

4e de couverture — Janvier 1831. Aurelia Vennaway, huit ans, héritière d’une riche famille aristocratique du comté de Surrey, découvre lors d’une promenade dans les bois du domaine familial un nouveau-né bleu de froid, posé à même la neige. Malgré l’hostilité de ses parents, elle réussit à leur faire recueillir l’enfant, qu’elle baptise Amy Snow.
À ses dix-huit ans, on découvre à Aurelia une maladie qui lui laisse peu de temps à vivre. Elle décide donc de partir en voyage quelques mois. Avant de mourir, elle laisse pour Amy une série de lettres qui vont l’aider à découvrir qui elle est et lui transmettre l’héritage qui lui revient. Amy s’embarque alors pour un périple aux quatre coins de l’Angleterre, avec, à chaque étape, une énigme à résoudre.

Ce que j’en ai pensé : J’ai beaucoup aimé cette immersion au cœur de l’Angleterre victorienne, une période fascinante qui sert de toile de fond à une amitié incroyable liant Aurelia, une jeune aristocrate aussi capricieuse qu’adorable à Amy Snow, une enfant dont les origines obscures lui seront constamment reprochées. Dans cette société régie par des mentalités, des classes et des codes sociaux d’une rigidité extrême, mieux vaut « bien » naître pour avoir une chance d’exister et d’être respecté. Ce roman parvient à restituer avec aisance cette réalité de l’époque, notamment eu égard à la condition féminine. Amy Snow incarne tout ce que rejette la société bien-pensante d’une époque résolument attachée à ses rituels, ses coutumes et ses classes sociales.

J’ai été très sensible à la vision féministe du récit — des revendications mises en évidence aussi bien sous les traits d’Aurelia qui aspire à autre chose qu’un mariage arrangé, rêvant de voyages, de bals et d’amour, que sous les traits d’Ariadne Riverthorpe, un personnage excentrique et haut en couleur qui joue un rôle déterminant dans le développement personnel d’Amy Snow en lui ouvrant les yeux sur certaines choses de la vie.

La chasse au trésor sert de fil conducteur à ce roman qui reste captivant malgré quelques longueurs qui viennent parfois alourdir le rythme. On découvre la lente métamorphose d’Amy Snow au fil de ses voyages et de ses mésaventures au sein de l’aristocratie. De Londres à Twickenham en passant par Bath et York, Amy abandonne ses guenilles pour de belles toilettes qu’elle arbore à l’occasion de bals. Toutefois, elle a bien du mal à faire oublier ses origines inconnues au sein d’une société obnubilée par la lignée. Elle se retrouve bien malgré elle au centre de plusieurs scandales, faisant figure de Cendrillon de l’ère victorienne grâce à l’héritage que lui a laissé Aurelia, sa fée marraine.

Les différents indices égrainés dans les nombreuses lettres adressées à Amy contribuent à épaissir le mystère qui entoure Aurelia. Quel est donc ce lourd secret qu’elle a pris tant de soin à cacher de ses parents ? Outre le rôle de bonne fée, Aurelia s’impose comme un guide pour Amy, l’aidant depuis l’au-delà à trouver sa place et son bonheur dans une époque où les femmes ont très peu de possibilités et d’alternatives en matière de choix de vie.

Je tiens à souligner que les derniers chapitres offrent un dénouement à la hauteur des attentes. C’est rédigé avec beaucoup de raffinement et de sensibilité. On est transporté par cette amitié, ces liens fraternels d’une profondeur inouïe qui unissent les deux jeunes femmes.

Émouvant et poignant, ce roman dresse de magnifiques portraits de femme, prenant également soin d’offrir une conclusion inattendue et bouleversante à l’égard de la mère d’Aurelia, l’un des points forts du dénouement.

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥

Les égarements du cœur [Marie-José Aubrycoin]

Les égarements du coeurCette histoire nous plonge en l’An de grâce 174 où les us et coutumes sont à mille lieues de notre monde moderne. Comme les autres jeunes filles de son âge et de son rang, Marie de Saint-Amand a passé toute son enfance jusqu’à ses seize ans dans un couvent afin de se préparer à son « entrée dans la société ». Son père, soucieux de lui assurer un mariage convenable, l’emmène à Paris chez sa tante, une habituée de la scène mondaine. Là, Marie croise le regard d’un certain Flavio dont elle est rapidement éprise. Mais, à cette époque, les émois du cœur pèsent bien peu dans le choix d’un époux, sans parler de l’avis de la première concernée. C’est donc avec le fils d’un comte breton que Marie doit sceller son destin en vertu de la décision des pères des futurs époux. Marie part s’installer dans son nouveau foyer en Bretagne où, par chance, elle compte parmi ses voisines, Blanche, une amie proche connue au couvent. Marie saura-t-elle oublier Flavio et trouver son bonheur dans cette nouvelle vie auprès d’un gentilhomme qu’elle n’a pas choisi ?

Ce que j’en ai pensé : Ce livre s’est révélé une très bonne et agréable surprise. Le style épistolaire ne manque pas de rappeler le célébrissime roman Les liaisons dangereuses. Compte tenu de l’époque à laquelle se déroule l’intrigue, le vocabulaire et les tournures sont recherchés, parfois désuets mais ô combien plaisants à lire. On apprécie avec une pointe d’envie l’effort que les personnes déployaient dans leur correspondance en ce temps-là. J’ajoute que les formulations demeurent fluides et n’entravent pas la lecture.

De Paris à la Bretagne en passant par la Corse, on suit les (més)aventures de Marie, un personnage doux et attachant, au fil d’une intrigue intéressante mêlant habilement amours contrariées, secrets familiaux et enquête policière (ou plutôt religieuse). Le rythme devient plus soutenu lorsque notre héroïne se rend en Corse où se trament diverses manœuvres et manigances, ce qui ajoute du piment et du suspense au récit. L’histoire est bien ficelée et offre un aperçu des mœurs et exigences sociales d’une époque bien révolue, le tout couronné par un dénouement à la fois poignant et crédible.

Ma note : ♥ ♥ ♥

Love from Paris [Alexandra Potter]

Comme souvent avec les livres « rom-com » (comédie romantique), la couverture joue un rôle essentiel dans le choix final. Il faut que ce soit festif, coloré, fleuri… bref quelque chose de très fifille. Alors, entre les roses, la tour Eiffel et la promesse d’une histoire d’amour, inutile de vous dire qu’on ne tarde pas longtemps à se plonger dans cette histoire rose bonbon. (NB : livre disponible en anglais)

L’histoire : Terminal de Heathrow — Ruby Miller attend impatiemment son petit-ami Jack qu’elle n’a pas vu depuis longtemps. Mais elle voit tous ses plans romantiques tomber à l’eau lorsqu’elle réalise qu’il lui a fait faux bond à cause de son travail. Parti pour la Colombie où les liaisons téléphoniques semblent quasi inexistantes, Ruby rumine et fulmine, persuadée que sa relation longue distance ne tient plus qu’à un fil.

Par chance, son amie Harriett, l’invite à passer quelques jours chez elle à Paris. Ruby saisit l’occasion et saute dans le premier Eurostar direction la Ville Lumière où elle pense avoir l’occasion d’oublier ses peines de cœur. À la faveur d’une visite immobilière en compagnie de Harriett, experte en objets antiques, Ruby découvre un mystérieux appartement où rien ne semble avoir bougé depuis la Seconde guerre mondiale. Le mystère s’épaissit lorsqu’elle trouve un petit paquet de lettres d’amour passionnées et émouvantes dans la chambre aux allures de musée. Qui est l’auteur de ces lettres ? Qu’est-il advenu de cette histoire d’amour ? Pourquoi cet appartement est-il resté intact depuis toutes ces années ? Ses recherches mènent Ruby jusqu’en Provence en compagnie de Xavier, charmant avocat parisien chargé de régler les questions de succession avec la famille éloignée de la mystérieuse propriétaire qui avait fui Paris pour s’installer dans le sud de la France en raison de la guerre et des pressions familiales. Ruby se découvre une âme de détective et se démène pour lever le voile sur un secret vieux de soixante-dix ans.

Ce que j’en ai pensé : Cette histoire mêle habilement romance, intrigue familiale et récit détective. Au fil des rencontres et des péripéties de Ruby, un personnage attachant, on découvre progressivement les pièces du puzzle, mais l’auteur parvient à conserver le mystère jusqu’au dénouement final, offrant même une surprise étonnante et attendrissante. On retrouve un ressort assez fréquent dans ce genre de roman : l’utilisation de lettres d’amour pour résoudre une énigme, mais ce mécanisme est utilisé de manière efficace et pertinente car il sert de portail vers une époque révolue où l’on exprimait ses sentiments sur papier avec un raffinement indéniable. Ce lien avec le passé est manié avec intelligence et véhicule beaucoup d’émotion, au point même de vous tirer quelques larmichettes à la fin.

Mention particulière pour la dernière partie du roman particulièrement bien écrite et poignante à bien des égards.

Ruby parviendra-t-elle à faire toute la lumière sur cette mystérieuse histoire d’amour impossible entre une bourgeoise parisienne et un soldat américain ? Entre Xavier et Jack, quel homme gagnera le cœur de Ruby ?

Un récit romantique bien écrit, à la fois drôle et touchant, qui ne laissera pas indifférent.

Ma note : ♥ ♥ ♥