Les gens heureux lisent et boivent du café [Agnès Martin-Lugand]

18078093« Ils étaient partis en chahutant dans l’escalier. […] J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux.»

Diane a brusquement perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. C’est peut-être en foulant la terre d’Irlande, où elle s’exile, qu’elle apercevra la lumière au bout du tunnel.

Ce que j’en ai pensé : J’avais entendu beaucoup de bien de ce livre il y a quelques années en arrière, notamment dans une interview télévisée. Par hasard, je suis tombée sur l’ouvrage à la médiathèque et me suis laissée tenter par cette histoire qui débute de manière dramatique sur le thème du deuil. La première partie du livre est particulièrement réussie car l’auteure parvient à décrire avec beaucoup de justesse, d’émotions et de pudeur le quotidien douloureux de Diane, une femme éteinte et meurtrie par la disparition tragique de son mari et de sa fille. Sur le plan psychologique, le personnage est très humain et touchant. Parfois, cela vous tire même quelques larmes.

Malheureusement, le roman prend une tournure inattendue et franchement décevante au cours de la deuxième partie avec pour toile de fond les paysages sauvages d’Irlande. Je ne pense pas trop m’avancer en disant que le personnage tourmenté d’Edward, le voisin bourru et désagréable, fait curieusement penser à un certain Heathcliff… Le plus décevant est l’arrivée improbable de Meghan, un personnage on ne peut plus caricatural qui fait franchement tache dans un livre qui se veut profond sur le traitement du deuil. C’est comme si un passage de roman à l’eau de rose mièvre faisait irruption dans un livre sérieux et poignant. J’ai été très interloquée par cette incongruité qui n’apporte rien au récit, si ce n’est des péripéties loufoques et déconcertantes.

Ce roman aurait gagné à se délester de ce rebondissement inutile et gênant pour se refocaliser sur le plus important : faire en sorte que Diane retrouve goût à la vie. Ce livre me laisse un sentiment mitigé. J’aurais facilement pu lui accorder 3 ou 4 cœurs, mais le triangle amoureux n’était pas crédible pour deux sous et a fini par gâcher le récit. C’est dommage.

Ma note : ♥ ♥ (=J’ai bien aimé mais sans plus)

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Breakfast at Darcy’s [Ali McNamara]

10231797When Darcy McCall loses her beloved Aunt Molly, she doesn’t expect any sort of inheritance – let alone a small island! Located off the west coast of Ireland, Tara hasn’t been lived on for years, but according to Molly’s will, Darcy must stay there for twelve months in order to fully inherit. It’s a big shock.

And she’s even more shocked to hear that she needs to persuade a village full of people to settle there, too. Darcy has to leave behind her independent city life and swap stylish heels for muddy wellies.

Between sorting everything from the plumbing to the pub, Darcy meets confident, charming Conor and sensible, stubborn Dermot – but who will make her feel really at home?

My thoughts on the book: Let’s start with the positive side: Breakfast at Darcy’s is an entertaining chick-lit book with rather endearing characters and somewhat enticing descriptions of a wild, yet fictional, Irish island called Tara. Filled with Irish legends and a fair share of love triangle drama, it is a fun, easy read. However, it was not always very credible to me…

I have some reservations about the title “Breakfast at Darcy’s” which, I feel, doesn’t reflect properly what the book is about. It does include a reference to Truman Capote’s famous novella Breakfast at Tiffany’s, but it’s such a quick reference in the book that it isn’t relevant enough to convey a proper feeling of what it is about. The title and cover are quite misleading. I really think the editor should really have gone for an all-out Irish flavour (leprechaun, clover, green stuff, and whatnot). That would have made sense!

Other weak element: the main trigger — Darcy inherits an almost deserted island off the Irish coast and is supposed to establish a prosperous new community. But here’s the major flaw in the project: The previous communities died out over the years because they couldn’t grow crops or take care of any regular cattle! And for some baffling reason, the dead aunt Molly thought it was a good idea to challenge Darcy with the following mission: establish a new community in order to qualify for a major money inheritance! You want to be rich? Then, try and succeed where everyone else failed! Of course, it’s a work of fiction AND a romance, so Darcy comes up with a solution to ensure the tight-knit community can earn a living. But, it kind of seems far-fetched to me.

Overall, yes, I kind of liked it because it’s a quick and easy read (relevant for a relaxing beach day)… but I wasn’t enthused by it. I thought it lacked some grit and credibility to deliver on the chick-lit promise.

My score: ♥ ♥ (= I kinda liked it)

Un goût de cannelle et d’espoir [Sarah McCoy]

25709095Allemagne, 1944. Malgré les restrictions, les pâtisseries fument à la boulangerie Schmidt. Entre ses parents patriotes, sa sœur volontaire au Lebensborn et son prétendant haut placé dans l’armée nazie, la jeune Elsie, 16 ans, vit de cannelle et d’insouciance. Jusqu’à cette nuit de Noël, où vient toquer à sa porte un petit garçon juif, échappé des camps… Soixante ans plus tard, au Texas, la journaliste Reba Adams passe devant la vitrine d’une pâtisserie allemande, celle d’Elsie… Et le reportage qu’elle prépare n’est rien en comparaison de la leçon de vie qu’elle s’apprête à recevoir.

Ce que j’en ai pensé : Après avoir terminé ce roman, je me suis dit : « Voilà un roman que j’aurais aimé découvrir au lycée en parallèle des cours d’histoire sur l’Allemagne nazie ! ». Je pense vraiment que c’est typiquement le genre de récit qui mériterait d’être proposé aux élèves en raison de sa qualité littéraire et de la perspective adoptée à l’égard d’une époque sombre, sans oublier le message final que l’auteure transmet avec beaucoup de justesse.

Un goût de cannelle et d’espoir est un roman poignant et profondément humain. On ne peut qu’être ému par le parcours de vie d’Elsie, le personnage principal qui fait le lien entre les deux époques abordées dans le livre — la 2e guerre mondiale dans une petite bourgade allemande et 2007 dans une ville au Texas.

D’un côté, le lecteur découvre le quotidien difficile d’une famille de boulangers dans l’Allemagne nazie où la crainte de la Gestapo est omniprésente ; une perspective narrative qui offre des scènes parfois dérangeantes (comme le bal de Noël avec des officiers SS, le récit sur les rafles ou les propos tenus sur les Juifs et les rumeurs qui courent sur le traitement dans les camps), mais révélatrices de la réalité et de la mentalité des habitants soumis à un régime de dictature et à une idéologie mortifère (à cet égard, la personnalité du père d’Elsie est particulièrement pertinente).

De l’autre, le lecteur est ramené à une situation bien actuelle : la gestion des clandestins à la frontière entre les États-Unis et le Mexique — un parallèle qui apporte un éclairage contemporain sur la répétition des erreurs humaines, le tout rythmé par la réflexion intérieure de Reba, un personnage féminin en proie à ses propres démons.

Je ne peux que recommander chaudement ce roman qui est une véritable perle propice à la réflexion !

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ (=Coup de cœur)

Love in Provence [Tamara Balliana]

Cassie est Américaine et travaille comme consultante pour le groupe hôtelier Richmond. Son rêve ultime ? Diriger un jour un hôtel. Quand ses patrons l’envoient en France pour une dernière mission avant de lui confier un établissement, elle saute dans le premier avion pour Marseille, bien décidée à faire ses preuves.

Malgré son habitude des voyages, lorsqu’elle se retrouve dans le Lubéron, au cœur de la Provence des cartes postales, l’expérience est très différente de ce à quoi elle s’attendait ! Le mistral, la gastronomie à la française et le chant des cigales la plongent dans un univers dont elle n’avait jamais osé rêver.

Sa collègue Olivia va l’entraîner à la rencontre des personnages hauts en couleur de sa nombreuse famille, et Cassie ne restera pas insensible au charme troublant de Damien, le sexy directeur de l’hôtel. Son plan de carrière bien huilé résistera-t-il à ses aventures lubéronnaises, et à l’amour ?

Ce que j’en ai pensé : Malgré le titre laissé en anglais, il s’agit bien de la traduction française. Love in Provence est une comédie romantique idéale pour l’été. C’est léger, frais et pétillant. On ne se prend pas la tête et on suit avec plaisir les aventures provençales d’une Américaine, consultante hôtelière envoyée dans le Lubéron où elle va faire la rencontre de personnages tantôt flamboyants (Olivia la collègue et colocataire), tantôt bourrus (Vincent, le voisin dont le regard explose son baromètre de l’ennui). Cela donne le cadre idéal pour une mise en contraste de deux cultures et de deux modes de vie : l’Américaine en France. L’intrigue est certes cousue de fil blanc, mais l’on ne tient guère compte de ce défaut tant l’écriture est fluide, les péripéties rigolotes et le casting attachant.

Love in Provence répond aux critères de la romance et du genre chick-lit. Il saura plaire aux lectrices avides d’histoires d’amour qui se terminent bien, le tout au rythme étourdissant du mistral et dans un parfum entêtant de lavande !

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥ (=J’ai adoré)

The Holiday Cruise [Victoria Cooke]

The high seas are calling!

As if it weren’t enough to be cheated on by her husband of ten years, Yorkshire lass Hannah Davis is losing her beauty salon business too. Luckily, her big sister is there to pick up the pieces, but Hannah is desperate to find some independence.

Impulsively, Hannah applies for a spa job…on a cruise ship! Christmas in the Caribbean, springtime in the Mediterranean, what’s not to like? But, despite being in her thirties, Hannah has never done anything on her own before, and she’s terrified.

As the ship sets sail, Hannah has never been further from home…or closer to discovering who she is and who she wants to be.

My thoughts on the book: I had enjoyed Victoria Cooke’s previous novel The Secret to Falling in love, so I was keen on reading this new one. Hannah is an endearing character going through a painful breakup. Not only does she have to deal with the humiliation of having been cheated on but she also loses her spa business. What better remedy than go away to get some perspective? This is precisely what Hannah does by applying for a beautician job on a cruise. The perfect gig to travel to exotic places and meet new, interesting people, especially Ben, a jilted groom who decided to go on his honeymoon — wifeless. He’s the perfect candidate for a good chick-lit romance.

Obviously, the plot is pretty predictable, but as a reader, I still very much enjoyed reading about Hannah’s adventures in the Caribbean, Spain and Italy, as well as her process to finding happiness again. The novel is fast-paced, funny and moving. It’s well written and compelling. I also thought the sisterly bond between Hannah and Jen was deep and poignant. The message about finding your own path, being independent and self-reliant was spot-on. I thought it was a positive, empowering message for all women. Chick-lit can sometimes be deeper than you think!

Highly recommended read!

My score: ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ (=a must-read)

La Voyageuse des îles [Marie-Odile Ascher]

1848, dans une plantation coloniale à l’île Maurice. Sita, 12 ans, grandit sous les cris et les coups des maîtres, rêvant du jour où elle, l’orpheline, la servante, pourra échapper à sa condition et au mariage arrangé qui lui est destiné.
À la même époque en Bourgogne, Guillaume, l’instituteur du village, souhaite se bâtir un avenir différent de celui promis par sa naissance.
Sita et Guillaume, deux fortes têtes bien décidées à ne jamais se laisser soumettre par le destin, devront se battre pour leurs rêves, envers et contre tous.

Ce que j’en ai pensé : Le synopsis s’annonçait prometteur — une histoire d’amour et d’émancipation à l’époque coloniale marquée par le racisme et un ordre social rigide, le tout dans le décor tropical de l’île Maurice.

Une jeune servante indienne tient à échapper à sa condition et à un mariage arrangé, la norme dans la culture indienne. Impétueuse et avide d’indépendance, Sita apprend à lire et à écrire toute seule, ce qui lui vaudra l’admiration de Mademoiselle Charlotte, la fille des Casterlregnault, des planteurs français très attachés à l’ordre social. Cédant aux requêtes de leur fille, ils acceptent tout de même d’accueillir Sita comme demoiselle de chambre. Mary, la préceptrice anglaise, lui donne même des cours, épatée par les capacités de la jeune indienne.

En parallèle, le lecteur suit une histoire assez semblable avec Guillaume, un jeune homme ambitieux aux origines très modestes qui veut s’affranchir du carcan social dans lequel il se sent à l’étroit. Profitant d’un coup de pouce du destin, il va se réinventer très loin de sa campagne de Bourgogne. Son ascension sociale ne sera pas sans quelques remous, mais son rôle dans la vie de Sita sera crucial.

Entre Sita, une héroïne forte et avant-gardiste, et Guillaume, homme d’affaires audacieux et sensible, une histoire d’amour pourrait-elle s’épanouir malgré les médisances de la bonne société ?

La Voyageuse des îles est une bien jolie fresque historique. Forte d’une écriture riche et dense, l’histoire souffre tout de même d’un surplus de détails qui alourdit parfois la narration — exemple typique de « surécriture ». Le récit gagnerait à se délester d’un peu de fioritures descriptives pour dynamiser l’action.

Au-delà de ça, je conseille vraiment cette lecture pour sa perspective de la culture indienne, du féminisme et de l’époque coloniale à Maurice et à La Réunion. Je tiens à souligner que l’épilogue est particulièrement émouvant et réussi.

Ma note : ♥ ♥ ♥ ♥ (=j’ai adoré)

The Land of Stories: A Grimm Warning (Book 3) [Chris Colfer]

22588392Conner Bailey thinks his fairy-tale adventures are behind him–until he discovers a mysterious clue left by the famous Brothers Grimm. With help from his classmate Bree and the outlandish Mother Goose, Conner sets off on a mission across Europe to crack a two-hundred-year-old code.

Meanwhile, Alex Bailey is training to become the next Fairy Godmother…but her attempts at granting wishes never go as planned. Will she ever be truly ready to lead the Fairy Council?

When all signs point to disaster for the Land of Stories, Conner and Alex must join forces with their friends and enemies to save the day. But nothing can prepare them for the coming battle…or for the secret that will change the twins’ lives forever.

My thoughts on the book: As with the previous two books, I had a lovely time following the Bailey twins’ magical adventures. For once, they aren’t embarking on a quest to gather a list of artefacts, but they have new challenges to overcome. I particularly enjoyed reading about Conner’s trip across London with a new female sidekick whom he feels drawn to. Just like Conner, Alex is also experiencing a budding romance with a farm boy in the fairyland. It’s great to see the main protagonists grow up and face new issues.
Overall, the intrigue is compelling and the whole cast riveting. I quite liked the new villain, the Masked Man whose past is infused with creativity, as always in the Land of Stories saga.
I also thought it was fun to see some German and French sentences here and there due to 2 facts: the Grande Armée that is willing to invade and conquer the fairy world, and the part in Germany where age-old tales by the Brothers Grimm are unveiled. I just have one complaint; a Google Translate faux-pas located in Chapter 28 where the sentence “Les graver sur” doesn’t mean anything in French. The syntax is very English-like.
According to the machine translation, the author meant “Burn them on” in English, which would make sense given the context the royal heads of state are being threatened.

I thought it was a bit disappointing that a French reviser didn’t check all the way to the end of the book, because up until that moment, the French sections were perfect, which was noteworthy and appreciated. The publishing house should know that English books aren’t read by English natives only, but also foreigners.
Apart from that, this third book is very entertaining and great fun. I look forward to reading book 4! Highly recommended!
My score: ♥ ♥ ♥ ♥ (=I loved it)